Elle préfère démissionner au lieu de porter un accoutrement lui imposé
(Source: Journal La Voix de l'Enseignement)
Le 01 novembre 14

Pour cause de port de pantalon collant un professeur se voit mutée sans être consultée et à la fin, elle préfère la démission que l’imposition de l’accoutrement.
"Je préfère abandonner le service que de porter une tenue à laquelle je ne suis pas et que la direction veut m’imposer", insista le professeur.

Avec l’introduction de l’école fondamentale dans le système éducatif burundais, certains professeurs sont obligés de changer de classes et ou de matière à enseigner selon la nouvelle affectation. Certains directeurs des écoles en profiteraient pour se débarrasser des professeurs jugés incompétents.

A la fin du mois d’août 2014, quelques professeurs ont été désignés par leurs directions scolaires respectives pour aller suivre une formation donnant la compétence d’enseigner à l’école fondamentale.

Au début de l’année scolaire 2014-2015, madame N E, professeur d’Anglais-Kirundi au lycée de la Communauté Islamique du Burundi (COMIBU) se voit mutée vers le lycée de la Communauté des Eglises de Pentecôtes de Ntahangwa (C.E.P.BU).
La raison était très simple : au lycée de la C.E.P.BU, trois professeurs de Science et un seul des langues avaient suivi la formation. Il faillait muter un des trois des sciences pour accueillir un des langues. Pourquoi E N. vers la C.E.P.BU alors que celui de la C.E.P.BU avait été muté vers le lycée municipal de Buyenzi ? Car, "elle était en mauvais termes avec le directeur du lycée", dit- on.
A part qu’elle n’aimait pas le métier pour lequel elle avait été formée, elle s’absentait souvent et ne voudrait pas entendre parler du travail des bulletins : elle a fait ajourner la délibération des élèves l’année passée, nous confie un de ses collègues.

Ne supportant pas les exigences de l’école, le professeur préfère démissionner
Arrivée au lycée de la CEPBU (Communauté des Eglises de Pentecôte du Burundi) le 15 Septembre 2014, jour de la rentrée scolaire, madame E N. vêtue en pantalon collant, s’est précipitée en classe avant de se faire connaître à la direction du lycée. Avertie de la tradition de l’Eglise de Pentecôtes où le port d’un pantalon ou une jupe qui semblerait courte est interdit, le professeur a haussé le ton pour dire que c’était dans ses droits de porter ses habits préférés. "Je ne suis pas un élève pour être imposée l’accoutrement", a-t-il fait comprendre au directeur du lycée de la C.E.P.BU.

Celui-ci aurait proposé de donner un petit crédit sans intérêt pour l’achat des jupes et robes, mais le professeur a énergiquement refusé pour dire qu’elle n’avait jamais porté de tels habits et qu’elle ne les portera jamais dans sa vie.

Renvoyée à la direction communale de l’enseignement (D.C.E), elle a avoué qu’elle n’avait ni une maladie ni une anomalie pour porter toujours un pantalon. La conclusion de la DCE était de choisir entre le travail ou le port du pantalon. Comme choix, elle a introduit une demande de disponibilité qui lui a vite été accordée. Celui-ci devient un second cas après celui qui s’était déjà produit au même lycée en 1999 quand il était encore collège de la C.E.P.BU de Ntahangwa.
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