Pierre Nkurunziza, une page qui se tourne au Burundi
Le 13 mai 15

Alors que le Conseil National de Sécurité avait ordonné l’arrêt immédiat des manifestations, la détermination populaire contre le 3e mandat de Pierre Nkurunziza monte d’un cran à Bujumbura et dans les provinces  ! L’implication des femmes dans ces manifestations démontre une fois de plus que le compte à rebours ne fait que commencer pour le régime Pierre Nkurunziza. Pendant ce temps, la communauté internationale, principalement les bailleurs de fonds du Burundi, rivalisent dans la fermeture des robinets financiers contre ce régime que même Satan ne pourrait plus accueillir dans ses ténèbres. Ses atrocités dépassent largement le seuil du tolérable  ! C’est ainsi que même la Cour Pénale Internationale se préoccupe profondément de la situation burundaise.

Curieusement, avec le nombre de manifestants qui ne cesse d’augmenter du jour au lendemain, Pierre Nkurunziza et ses gangsters qui nous dirigent, narguent arrogamment les burundais et toute la communauté internationale. Personne ne pourrait expliquer son comportement vis-à-vis de ces manifestations. Même s’il serait très mal entouré ou pris en otage par une poignée de Généraux, si puissant soit-elle, le dernier mot lui revient. Aujourd’hui, au lieu d’adopter un profil bas, en respectant la Constitution et l’Accord d’Arusha, Pierre Nkurunziza multiplie ses ennemis et fonce droit au mur  ! Dernièrement, nous vous avions annoncé que ses laboratoires préparent des plans pour comploter contre des étrangers, spécialement les rwandais et les tanzaniens. Sa première victime vient de tomber.

Il s’agit du patron de Leo-Econet, un ressortissant rwandais directement accusé par Pierre Nkurunziza lui-même, auprès de ses employeurs zimbabwéens, d’être à la solde du renseignement rwandais. Cette tentative d’internationaliser la crise burundaise en jouant sur la manipulation, ne vise qu’à chercher des solidarités négatives pour jouer les prolongations au pouvoir. Oubliant que désormais les jours sont comptés pour Pierre Nkurunziza à la magistrature suprême. Le Président Robert Mugabe, déjà dépassé par les difficultés socio-économiques dans son pays et au crépuscule de sa vie, à 91 ans, ne pourrait plus logiquement voler au secours d’un despote aux abois. Pierre Nkurunziza pense maladroitement que le Zimbabwe pourrait l’appuyer militairement et broyer ses opposants régionaux, en attendant que la police nationale, déjà renforcée par les "Imbonerakure", et les "Interahamwe" n’arrivent à liquider froidement tous les opposants au 3e mandat  !

Cette vision simpliste de la crise actuelle démontre que les carottes sont cuites pour Pierre Nkurunziza. L’ennemi de votre ennemi n’est pas toujours votre ami  ! Si les zimbabwéens se sont affrontés à une certaine époque contre les rwandais en RDC, rien n’explique qu’aujourd’hui que les enjeux géostratégiques sont toujours les mêmes ! Et surtout, s’il veut toujours régler ses comptes contre le Rwanda et la Tanzanie, il va précipiter sa chute, déjà imminente. Ces deux pays voisins du Burundi ne pourront jamais tolérer un voisin qui veut réanimer les forces génocidaires du Rwanda, en leur octroyant une certaine légitimité, en assurant leur impunité. Philippe Nzobonariba, une sirène du pouvoir Nkurunziza aujourd’hui en mode silence, ne va pas nous dire que ces deux pays ne connaissent pas où se trouve le Burundi sur la carte du monde  !

Pierre Nkurunziza doit avoir en conscience que tous les crimes contre l’Humanité, les crimes de guerre, … toutes les injustices commises au Burundi durant ces dix dernières années sont à sa charge. Il doit se rappeler que tout le sang humain qu’il avale sous forme des sacrifices au cours de cette décennie, 2005 – 2015, s’enregistre dans son bilan et ne restera pas impuni. Il doit se préparer plutôt à rejoindre bientôt son ami et ancien collègue à La Haye, le Président Laurent Gbagbo, devant la Cour Pénale Internationale, au lieu de croire qu’il doit rester au pouvoir jusqu’en 2020  ! Hier vomi par les hommes dans les rues du pays, aujourd’hui ce sont les femmes qui le crachent massivement, de manière irréversible  ! Qui serait alors disposé à accepter, une fois de plus, cinq ans au pouvoir avec Pierre Nkurunziza? Avec quels moyens pourrait-il gouverner, si tout le monde ferme les robinets financiers contre lui?

Finalement, cette crise est une voie choisie par Pierre Nkurunziza pour quitter le pouvoir, en embarquant dans sa chute suicidaire, tous ses proches collaborateurs. Il avait tous les moyens constitutionnels en vue d’amorcer pacifiquement son atterrissage avec le risque zéro, mais cette fois-ci, il va tomber comme une feuille morte. Laissant ainsi derrière lui, tous ses milliards amassés ces dernières années, ses stades de football, ses fermes, ses champs, … et sa liberté, pourquoi pas sa vie? Il s’est longtemps moqué de sa population et de ses souffrances. Il a nargué les diplomates accrédités au Burundi et toute la communauté internationale, en multipliant par zéro toutes les promesses faites en âme et conscience, devant ces piliers des relations internationales. Il a apprivoisé ses proches collaborateurs par des cadeaux empoisonnés, en les rendant aveugle sur la situation réelle de leur pays. Il a joué avec la parole de Dieu en étant un lieutenant assermenté du diable.

Aujourd’hui, Pierre Nkurunziza doit payer toutes ces factures, sans crédit et cash. C’est pourquoi le mouvement populaire contre son 3e mandat doit s’intensifier et passer à la vitesse supérieure jusqu’à la chute de ce pouvoir sanguinaire et génocidaire. Le sommet de Dar-es-salaam très attendu par toute la population burundaise devrait œuvrer dans ce sens, pour sauver le Burundi de ce cancer qui le ronge avec une destruction impitoyable. Le peuple doit marcher sur le palais, occuper toutes les places stratégiques du pays et chasser ce despote que personne ne regrettera, y compris le diable  ! On ne récolte que ce que l’on a semé. Très bientôt, c’est la victoire du bien sur le mal. Et ce sera justice  !

Par Enock Haziyo
enockhaziyo@yahoo.fr
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