Pierre Nkurunziza, une menace dangereuse pour la région des Grands-Lacs africains
Le 02 mai 15

Lorsqu’un pays entre en crise, c’est le moment idéal pour ses dirigeants de prouver leurs qualités de leader politique. Aujourd’hui, avec le Cndd-Fdd au pouvoir, Pierre Nkurunziza passe à côté de ce grand rendez-vous de l’Histoire. A tel point qu’il serait aujourd’hui très difficile de trouver des admirateurs du comportement du Président de la République, face aux contestations liées au 3e mandat. Depuis 2005, il se dit que Pierre Nkurunziza est ligoté par certains Généraux très puissants, eux-mêmes manipulés par le duo Adolphe Nshimirimana et Alain-Guillaume Bunyoni. Mais ce n’est pas cela, la raison majeure de son échec au pouvoir.

En effet, depuis la première république, aucun chef d’Etat n’est parvenu à mieux diriger le pays, sans pouvoir "créer" son propre équipe de collaborateurs. Après une année ou deux ans d’exercice du pouvoir, Michel Micombero, Jean-Baptiste Bagaza et Buyoya I et II, n’ont pas hésité de faire des purges au sein de leur entourage. Ceux qui avaient brillé pour les installer au pouvoir ont connu la prison, l’exil ou la mort dans des conditions mystérieuses. Les moins dérangeants pouvaient facilement se recycler dans les affaires, avec une bonne enveloppe pour commencer les activités.

Pierre Nkurunziza ne l’a pas su et aura resté pendant dix ans, une marionnette de son entourage. Avec ce grand handicap qu’il a regagné le maquis, au courant de 1996, alors que ses principaux collaborateurs étaient déjà à l’œuvre depuis pratiquement trois ans ! Le pays se gère ainsi par une bande de copains, sans aucune expérience politique ni aspirations patriotiques. Des fois, il signe des décrets qui sont vite déchirés sous ses yeux par des « poids lourds » de son régime, particulièrement le Lieutenant-Général Adolphe Nshimirimana, véritable numéro un de ce pouvoir en perte de vitesse ! Pierre Nkurunziza a donc pris une option de se réfugier derrière les travaux communautaires, les séances de prière et le football pour se donner la paix, au lieu d’entrer en contradiction avec ses Généraux !

Aujourd’hui, le Burundi n’est plus dirigé. Le président de la République et la bande de ses Généraux font tout pour amasser de l’argent, prendre part dans tous les trafics possibles et éliminer tous ceux qu’ils rencontrent en sens inverse sur leur trajectoire. Ils sont conscients que la Cour Pénale Internationale peut à tout moment les appréhender. C’est notamment pour cette raison que les contestataires de ce 3e mandat doivent s’attendre à tous les coups, ce qui doit les motiver davantage pour continuer leur mouvement. Pierre Nkurunziza ne reculera pas, son porte-parole l’a déjà annoncé. Il joue au quitte ou double ! Ca passe ou ça casse !

En véritable cascadeur politique, Pierre Nkurunziza est conscient qu’il est désormais au bout de ses forces. Il n’a rien présenté au peuple burundais, au cours de ces dix dernières années, pour assurer de manière cohérente et durable, le développement de son pays et de sa population. Qu’est-ce qu’il pourrait encore présenter à ce peuple, au cours de ces cinq prochaines années, si ce n’est que l’esclavage, un "bain de sang" et une misère extrême pour toute la population burundaise! Le meilleure service que les burundais doivent lui rendre, c’est de le chasser du pouvoir, avant de l’expédier à La Haye, devant la CPI, en compagnie de la bande de ses Généraux !

Non seulement Pierre Nkurunziza constitue une menace mortelle pour toute la population burundaise, mais aussi, une bombe à retardement contre les pays voisins du Burundi, particulièrement la Tanzanie et le Rwanda. Le flux des réfugiés, les montages contre les ressortissants de ces pays pour les assassiner ou les emprisonner, … sont autant des recettes aujourd’hui en préparation dans les laboratoires de ce pouvoir qui accuse ces pays d’être de mèche avec les manifestants. Une solidarité sous-régionale pour éjecter Pierre Nkurunziza du pouvoir ne serait pas une erreur géostratégique de nos voisins. Ses méthodes gouvernementales constituent pour l’instant une menace contre toute la région des Grands-Lacs Africains, lui qui se constitue en parrain de toutes les forces néo-génocidaires de cette région !

Le comportement actuel de Pierre Nkurunziza laisse entendre que ce passionné de l’argent, du football et du sang ne serait plus en possession de toutes ses facultés mentales. Il serait déjà connecté à un autre monde, loin des hommes et des femmes normaux ! Seule son éviction du pouvoir rendrait un bon service au Burundi, à toute sa population et aux pays de la sous-région. Les grandes puissances mondiales et sous-régionales doivent œuvrer dans ce sens, sinon, Pierre Nkurunziza ne nous a pas encore joué sa dernière carte pour nous imposer son royaume sataniste. Entretenir son régime par passivité, soumission ou complicité, c’est un suicide collectif à peine voilé !

Par Enock Haziyo
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