Pierre Nkuruziza, seul contre tous, défie le monde entier !
Le 08 mai 15

Plus les jours passent, plus les conditions de vie de la population se durcissent et le gouvernement Pierre Nkuruziza s’isole diplomatiquement sur le plan international. Ainsi, ce mercredi, deux faits ont marqué notre attention, en marge des manifestations populaires contre le 3e mandat très contesté de Pierre Nkurunziza.

Ce dirigeant atypique, le plus impopulaire du monde, tirant à bout portant contre sa population en plein jour, a reçu dans son cabinet de travail, une délégation des ministres des Relations Extérieures et de la Coopération, des pays membres de l’East African Community, le Rwanda, l’Ouganda, la Tanzanie et le Kenya. Comme vous le savez déjà, leur message était clair : respecter la Constitution et l’Accord d’Arusha, notamment sur la question en rapport avec le 3e mandat de Pierre Nkurunziza. Au sortir de cette audience, les quatre ministres sont rentrés déçu. Pierre Nkurunziza devient un béton imperméable tout en faisant semblant de les écouter sans rien entendre. Le soir même après ce rencontre avec les chefs de la diplomatie des pays de l’EAC, Pierre Nkurunziza fera un discours à la Nation de cinq petites minutes, uniquement pour dire qu’il va briquer son 3e mandat !

Pendant ce temps, le ministre des Relations Extérieures du Burundi devrait sur son agenda, rencontrer ses pairs de l’EAC, au cours d’une autre réunion de travail à l’Hôtel Panoramique de Bujumbura. A la grande surprise, ce cadre du Cndd-Fdd fera "la chaise vide". Une gaffe diplomatique, pleine de mépris et de déconsidération de ses pairs de la sous-région. En fait, le Ministre Laurent Kavakure aurait été sommé par son patron, Pierre Nkurunziza, de boycotter cette rencontre. Le gouvernement burundais n’aurait plus d’arguments pour convaincre la communauté internationale, en vue de laisser Pierre Nkurunziza de briguer son troisième et "dernier mandat" selon son discours de mercredi soir. Avec une telle option, le mystère plane sur son éventuelle participation au sommet extraordinaire de l’EAC, prévu ce 13 mai prochain à Dar-es-salaam, en Tanzanie.

Et comme ces deux bavures diplomatiques ne suffisaient pas pour accueillir la délégation ministérielle de l’EAC, la Police Nationale du Burundi va enfoncer les clous dans son arrestation contre Mr Audifax Ndabitoreye, candidat indépendant aux prochaines présidentielles du 26 juin 2015 et l’un des leaders emblématiques de la campagne "Halte au 3e mandat". Devant les caméras et les micros de la presse nationale et internationale, la PNB manqua de retenue et passa à l’arrestation de ce citoyen burundo-hollandais, en présence de cette délégation de l’EAC et de l’Ambassadeur de la Hollande au Burundi ! Sous motif fallacieux que Mr Audifax Ndabitoreye participe à un "mouvement insurrectionnel" ! Et pourtant, comme tous les burundais épris de paix, de liberté et de démocratie, soucieux des Droits de l’Homme, l’ancien patron du Service National de Renseignement du Burundi ne se rebelle pacifiquement que contre ce 3e mandat illégal et inconstitutionnel !

D’après certaines indiscrétions obtenues dans le corridor de la présidence de la République, le Burundi ou plutôt Pierre Nkurunziza, tente de contourner l’EAC pour internationaliser ce conflit qui l’oppose au peuple burundais et à la Constitution de ce pays, en rapport avec son troisième mandat, également contesté par l’Accord d’Arusha. En effet, conscient qu’il n’a plus d’alliés au sein de l’EAC, une organisation déjà préoccupée par la situation sécuritaire du Burundi, Pierre Nkurunziza veut accuser officiellement certains pays de cette communauté de l’Afrique de l’Est, de soutenir les manifestants contre le 3e mandat, particulièrement le Rwanda et la Tanzanie. Dans la foulée de cette accusation gratuite et sans fondement, il va ordonner la fermeture des frontières nationales ! D’après nos sources, Pierre Nkurunziza dira que le Rwanda a l’intention d’attaquer militairement le Burundi, comme Kigali l’aurait déjà fait dans le passé, contre la République Démocratique du Congo !

Par après, Pierre Nkurunziza va s’envoler notamment au Zimbabwe pour solliciter des soutiens, chez le Président Robert Mugabe. Un voyage qui ne ferait pas l’unanimité dans les milieux proches du Cndd-Fdd et à la présidence de la République, où presque tous les collaborateurs de Pierre Nkurunziza seraient devenus des frondeurs. Ils informent à chaque instant, les leaders du mouvement "Halte au 3e mandat" et à certains dirigeants du Cndd-Fdd, aujourd’hui en exil et hostiles au 3e mandat, à l’instar de l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu. La suite, Pierre Nkurunziza qui serait également sur le point de recruter des mercenaires va dresser l’Unité chargée de sa sécurité, la PNB et la coalition "Imbonerakure-Interahamwe" contre les frondeurs de son parti, les leaders de l’opposition et de la Société Civile, ainsi que les patrons de la presse privée audio-visuelle, parlée et écrite, dénonçant ce 3e mandat. Des listes seraient déjà établies par le SNR, des photos pris et mis à la disposition de ces tueurs en circulation dans les rues du pays, en toute quiétude !

Aujourd’hui, la communauté internationale fait l’erreur macabre de penser que Pierre Nkurunziza pourra retourner à la raison, comme s’il va au cours de ces quatre matins, accepter d’abandonner le 3e mandat. L’homme est têtu, très rancunier et égoïste ! Ses laboratoires enseignent aux "imbonerakure-Interahamwe" et à l’Unité chargée de sa sécurité que "les Etats-Unis d’Amérique, l’Union Européenne, le Vatican, le Rwanda, ... ne nous gouvernent pas  ; nous faisons ce que nous voulons et quand nous le voulons. Nous sommes chez nous au Burundi, nous avons un autre mandat à consommer à tout prix, même s’il faut aller devant la Cour Pénale Internationale à La Haye, nous allons y aller, nous n’allons rien lâcher" ! A ses yeux, toutes ces délégations internationales qui se relayent au Burundi depuis le début de cette crise, tous ces manifestants qui pullulent dans les rues de Bujumbura chaque matin pour dénoncer ce 3e mandat, ne sont que des "tigres en papier"!

En réalité, les solutions diplomatiques à la crise burundaise ne sont plus efficaces. Pierre Nkurunziza tire sur sa population avec une arrogance et un sang-froid que personne n’a jamais osé dans ce pays, au vu et au su de tout le monde. Il défie même le Président Barack Hussein Obama et toute la communauté internationale. Il le fait sans scrupule ni recul ! Une aberration qui extermine quotidiennement la population burundaise, fragilise davantage l’économie nationale déjà dans un état très précaire et continue de boire du sang humain pour se renforcer au pouvoir. Pour limiter ces dégâts, la FDN doit prendre le pouvoir et permettre la préparation des élections libres, transparentes et démocratiques. Si elle n’est pas capable de le faire dans les plus brefs délais avec le soutien diplomatique de la Communauté Internationale, il faut laisser ce peuple burundais abandonné à lui-même, en découdre définitivement avec le régime Nkurunziza.

En effet, chaque jour qui passe vient grossir le paquet des morts et des blessés innocents, tandis que les positions des uns et des autres, ceux qui sont pour ou contre le 3e mandat, se radicalisent. Un cocktail qui pourra exploser naturellement, en détruisant finalement tout ce que nous avions de commun et de noble : le Burundi ! Un autre génocide qui se prépare et se consomme en toute transparence et efficacité, au vu et au su de tout le monde, comme au Rwanda en 1994. Pierre Nkurunziza est-il finalement plus fort jusqu’à ce point? Certainement pour l’instant !

Par Enock Haziyo
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