Le processus électoral au Burundi serait-il déjà en danger ?
(Source: RPA)
Le 04 juin 14

Les envoyés spéciaux de la communauté internationale pour la région des Grands-Lacs viennent de sortir une déclaration dans laquelle ils prennent note de l’engagement du gouvernement burundais d’organiser des élections transparentes, inclusives et paisibles. Cependant, malgré le fait le Burundi ait fait des progrès sur la voie démocratique. Cette avancée risque d’être remise en cause par la mise en œuvre des mesures visant à entraver le processus électoral et empêcher la pleine participation de toutes les parties prenantes, observent ces diplomates.

L’envoyée spéciale du secrétaire général des Nations-Unies pour la région des Grands-Lacs Mary Robinson, l’envoyé spécial du gouvernement des USA pour la République Démocratique du Congo et la Région des Grands-Lacs Russel Feingold, le représentant spécial de l’Union Africaine pour le Burundi et la région des Grands-Lacs Boubacar Diarra et le coordinateur principal de l’Union Européenne pour la région des Grands-Lacs Koen Vervaeke, ont participé ce week-end au forum de l’espoir des enfants à Bujumbura. Une rencontre organisée pour responsabiliser les jeunes dans la région des Grands-Lacs et assurer la prise en compte de leur voie dans le processus de mise en œuvre de l’accord cadre pour la paix, la sécurité et la coopération dans la RDC et la région, indique la déclaration conjointe par les envoyés spéciaux pour les Grands-Lacs sur leur visite au Burundi. Ces envoyés spéciaux ont félicité les 52 jeunes venant des 7 pays signataires qui ont participé à ce forum pour leur engagement et les ont encouragés à être les porte-paroles de la paix dans les leurs pays respectifs. Ces envoyés spéciaux ont également rencontré les représentants des gouvernements, les dirigeants des partis : la majorité et l’opposition, ainsi que les acteurs de la société civile dans la région.

Sur la situation politique et sécuritaire au Burundi, la déclaration conjointe par les envoyés spéciaux pour les Grands-Lacs montre leur appréciation pour l’adoption par consensus du nouveau code électoral et de l’accord de principe des partis et acteurs politiques burundais pour l’adoption d’un code de conduite pour les élections de 2015. Toutefois, la restriction de l’espace politique et des libertés civiles entravant les activités des partis de l’opposition, de la société civile et des medias à l’approche de l’échéance électorale, risque d’affecter le processus électoral, regrette la déclaration conjointe par les envoyés spéciaux. Selon eux, les élections sont plus qu’un événement et elles impliquent tout un processus. C’est seulement, jugent ces envoyés spéciaux, quand ce processus électoral s’annonce inclusif, transparent et paisible, qu’il peut être par après considéré comme libre, juste et crédible. A l’approche des élections, les medias et la société civile doivent se sentir libres de parler et de se prononcer sur l’ensemble du processus électoral, commentent ces envoyés spéciaux. Egalement, tous les partis et acteurs politiques doivent avoir une chance égale de participer au processus, y compris de se réunir à tout moment et aussi souvent que nécessaire pour se préparer à ces élections. Pour toute conclusion, ces envoyés spéciaux précisent que tout effort visant à empêcher les réunions, à intimider les participants ou à fragiliser l’action de l’opposition, met en péril le processus électoral et va l’encontre de l’engagement exprimé par le gouvernement burundais pour la démocratie. Ces envoyés spéciaux exhortent donc toutes les parties concernées de renoncer à la violence et d’interpeller leurs membres à faire preuve de retenue et à user plutôt la voie pacifique.
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