Des écoles secondaires hautement politisées
(Source: Journal La Voix de l'Enseignement)
Le 12 juillet 14

Alors que l’école est sensée être un milieu apolitique, les directeurs des écoles secondaires au Burundi n’ont pas peur de recruter, de contraindre leurs élèves à assister à des meetings du parti au pouvoir.

Très récemment, samedi 31 mai 2014, le directeur du collège communal de Gisaya de la commune Muhuta, province de Bujumbura comprenant deux classes ont été embarqués vers la commune Isare.
Au départ, le directeur leur disait qu’ils allaient en pic-nic mais arrivés au niveau de la commune Kabezi, un véhicule les a pris à destination de la commune Isare. Surprise chez certains qui se retrouvent dans un meeting du parti Cndd-Fdd dans la commune Isare. Ils n’en croient leurs yeux.

Au retour c’est le chaos total, le véhicule qui les amène n’atteint pas la localité de départ. On les met à une quinzaine de kilomètres vers 22 heures du soir. Les élèves n’osent pas rentrer, certains vont demander un hébergement dans les milieux voisins, d’autres vont rentrer malgré l’obscurité et la distance. Dans l’entre-temps les parents s’inquiètent de l’absence prolongée de leurs enfants jusqu’aux heures avancées de la nuit. Ce mal a plutôt tendance à devenir un fléau, tellement il fait très rapidement tache d’huile.

C’est le cas notamment au mois de juin 2013, au Lycée Rumonge où des élèves accompagnés de leurs encadreurs ont été invités pour une réunion à l'ordre du jour politique dans un bistrot de la place.
Même son de cloche au Lycée Communal de Gihanga où le directeur, par l’entremise d’un élève, a fait établir des listes des membres du parti au pouvoir. Ceci a créé des remous à l’école et le résultat a été que l’élève a été définitivement renvoyé de l’école. Surprenant a été que le même élève a été réinscrit dans une école voisine.

L’on ne manquera pas de rappeler cette fameuse lettre à la référence 530/0094/CAB/2014 du 31/01/2014 par laquelle le ministre de l’Intérieur instruisait certains chefs d’établissements secondaires à régime d’internat de Bujumbura.
La teneur de cette lettre était de lister les élèves qui, auront atteint 16 ans de naissance à l’échéance des élections de 2015. Le ministre annonçait également qu’il transmettrait des critères de délibération dont les écoles allaient se servir en fin d’année scolaire.
Dès que cette correspondance était déjà entre les mains des médias et dans la rue, l’on a vite fait de faire croire à un montage. Rien d’étonnant car, la stratégie de volte face est devenue coutume chaque fois qu’une entreprise de ce genre souffre de l’indiscrétion.
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