La Cour Constitutionnelle "légalise" la candidature de Pierre Nkurunziza
Le 05 mai 15

C’est sans surprise que la Cour Constitutionnelle "légalise" la candidature de Pierre Nkurunziza pour son 3e mandat ! Dans ce pays où la Justice est loin d’être indépendante, elle devrait absolument danser à la musique du numéro un burundais. En effet, compte tenu de la composition de cette Cour spécialisée, la plupart de ses membres sont ceux-là mêmes qui avaient condamné injustement l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu, à 13 ans de servitude pénale, pour "atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat" et "injure au chef de l’Etat". Et ceci dans une parodie judiciaire dont l’objectif principal était d’écarter un leader, capable de prendre le pouvoir par les urnes en 2010, au détriment de Pierre Nkurunziza.

En guise de remerciement à cette condamnation politicienne, Mr Charles Ndagijimana, officier du Ministère Public dans ce dossier, sera propulsé au poste du président de la Cour Constitutionnelle. Il sera accompagné dans sa nouvelle affectation par plusieurs de ses complices, notamment Mme Léontine Kanyana, vice-gouverneur de la Banque de la République du Burundi. Pierre Nkurunziza aura donc tout prévu pour réussir son coup, lui qui n’hésitera pas de nommer très récemment, Mr Charles Ndagijimana, président du Conseil d’Administration de la très puissante Brarudi, la reine des entreprises burundaises ! Et pourtant, ni Charles Ndagijimana ni Léontine Kanyana, personne n’a l’expérience professionnelle ou les qualités requises pour remplir ces fonctions. Le militantisme politique remporte ainsi sur la technique et le professionnalisme. Et bonjour les dégâts !

Malgré cette décision de la Cour Constitutionnelle, Pierre Nkurunziza n’a pas droit à un 3e mandat. La preuve en est que la Constitution et l’Accord d’Arusha sont très clairs sur ce sujet. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que toute la Communauté Internationale, y compris les Nations-Unies, l’Union Européenne, l’EAC, les Etats-Unis d’Amérique, … et une grande partie de la population burundaise, s’inscrivent en faux contre cette candidature de tous les dangers. Ce n’est pas également pour rien que le peuple est dans la rue. Qu’au moins une dizaine de burundais sont morts et plus d’une centaine des blessés ! Pendant que près de 30 000 burundais sont en exil et plus de 600 innocents sous les verrous ! Tout ce calvaire, à cause justement de l’entêtement de Pierre Nkurunziza à diriger contre la loi un peuple qui l’a déjà vomi depuis très longtemps. Cette fois-ci, tous les ingrédients sont aujourd’hui réunis pour refuser non seulement sa candidature, mais aussi, exiger son éviction du pouvoir, pour haute trahison, lui qui a ordonné à sa milice de tirer sur des jeunes manifestants sans armes !

Cette décision de la Cour Constitutionnelle n’est pas encore définitive. C’est à la Commission Electorale Nationale Indépendante d’accepter ou pas cette candidature. Mais là aussi, sauf une heureuse surprise, la CENI c’est la sœur jumelle de la Cour Constitutionnelle, même géniteur politique, même nourricier : Pierre Nkurunziza. La seule voie pour sauver ce pays, c’est la détermination de la communauté internationale à appuyer moralement tous ceux qui s’opposent à ce 3e mandat. Eux qui continuent de verser leur sang pour sauver la Constitution et l’Accord d’Arusha. Avant que toutes les forces patriotiques de ce pays, ne réussissent à éjecter Pierre Nkurunziza de son fauteuil présidentiel. La pression internationale doit aussi s’intensifier contre Pierre Nkurunziza, un kamikaze qui continue à défier tous les contestataires de son 3e mandat, nationaux et internationaux, avec un mépris hors normes, frisant l’inconscience ou plutôt la démence sur son transfèrement dans les prochains jours, devant la Cour Pénale Internationale à La Haye (Pays-Bas). La grande question que chacun devrait se poser, consiste à connaître la position de la mère, de l’épouse et des enfants de Pierre Nkurunziza face à ce 3e mandat? Ce sont les seuls à le ramener sur la planète Terre pour retrouver la raison !

Quoi qu’il en soit, tout espoir n’est pas encore perdu au Burundi. Les forces vives de la Nation sont toujours là, en bonne santé politico-diplomatique. Ils peuvent à tout moment remettre les pendules à l’heure. En attendant, saluons tout de même l’action menée hier par Mr Sylvère Nimpagaritse, vice-président de la Cour Constitutionnelle. Il a confirmé que cette "légalisation" de la candidature de Pierre Nkurunziza est contraire à la loi, imposée de l’extérieur et n’a rien de juridique.
Certes, il a pris le chemin de l’exil vers le Rwanda, en compagnie de sa femme et de cinq autres personnes. Au moins lui, il aura, avec courage, détermination et patriotisme, dénoncer à temps les tricheries de Pierre Nkurunziza et son équipe. Toute la patrie lui doit respect et remerciements, en attendant son retour triomphal et imminent au Burundi. C’est une question de quelques jours seulement.

Par Enock Haziyo
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