DÉCLARATION DES BURUNDAIS VIVANT EN AFRIQUE DU SUD SUR LES PROBLÈMES SOCIO-POLITIQUES ET ÉCONOMIQUES DE LEUR PAYS CE DIMANCHE LE 27/04/2014
Le 30 avril 14

THEME: "SAUVONS NOTRE PAYS LE BURUNDI AVANT QU’IL NE SOIT TARD"

Il est devenu notre culture que le 27 Avril de chaque année, une journée fériée, une journée de liberté ici en Afrique du Sud et qui correspond avec le jour de l’emprisonnement de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU au Burundi, nous nous associons à nos frères Sud-Africains pour nous rappeler et réfléchir sur la situation de tous les prisonniers politiques qui croupissent dans les différentes prisons du Burundi. "J'ai combattu contre la domination blanche et j'ai combattu contre la domination noire", avait dit Mandela lors de son procès de 1964. "J'ai chéri l'idéal d'une société libre et démocratique dans laquelle toutes les personnes vivent ensemble en harmonie et avec des chances égales. C'est un idéal que j'espère vivre et réaliser. Et si nécessité il y a, c'est un idéal pour lequel je suis préparé à mourir". Mandela nous a enseigné la puissance de l'action, mais aussi des idées, l'importance de la raison et des arguments, la nécessité d'étudier, non seulement ceux avec qui vous êtes d'accord, mais ceux avec qui vous n’êtes pas d’accord. Il a compris que les idées ne peuvent pas être maîtrisées par des murs de la prison, ou éteintes par la balle d'un tireur d'élite.

En se remémorant un tout petit peu ce qui s’est passé, l'Honorable El-Hadj Hussein RADJABU, a assuré la présidence du parti CNDD-FDD jusqu'à son éviction par le Congrès illégal et irrégulier de Ngozi le 7 février 2007, et était reconnu comme le véritable "Homme Fort". En collaboration avec certains de ses principaux lieutenants, il a pu redresser la situation du pays sans beaucoup de bruit pour le mettre sur la voie démocratique.

Comme pour scier un tronc d'arbre sur lequel on est assis, certains "gros poissons" du CNDD-FDD se sont organisés pour comploter contre ce leader charismatique afin d’obtenir son renversement et son emprisonnement. Contre toute attente, NKURUNZIZA a participé personnellement pour arriver à ce drame politique. Donc, depuis le 27 Avril 2007, l'Honorable El Hadj Hussein RADJABU est en prison pour des raisons qui ne pourront jamais tenir devant un tribunal de droit. Depuis lors, certains généraux et des militants politiques se sont alliés pour imposer leur «loi» dans les rangs du CNDD -FDD, indépendamment de la justice ou de l'opinion nationale et internationale. La démocratie et la bonne gouvernance ont été détournées par le gouvernement NKURUNZIZA et ont été remplacées par un régime autocratique et dictatorial.

Un constat amer est que, après les élections de 2010, le nombre de prisonniers politiques a triplé. Les prisons sont surpeuplées par des membres des partis de l'opposition et de leur taux d'occupation est d'environ 250%. En guise d’illustration, la prison centrale de Mpimba qui avait une capacité d’accueil de 800 personnes, en renferme actuellement 2588. La prison de Gitega dont la capacité d’accueil était de 400 personnes compte aujourd’hui 1592 prisonniers au moment où la prison de Ngozi (côté masculin) contient 2261 détenus au lieu de sa capacité de 400. La plupart de ces prisonniers dorment dans les couloirs et à belle étoile avant de meurent de maladies liées à la malnutrition sans oublier les suicides devenus une calamité dans ces milieux carcéraux. La communauté internationale en général et l'Afrique du Sud en particulier sont une fois de plus interpellées pour utiliser une diplomatie non – partisane et renforcer le dialogue et la consultation afin d’arriver à des solutions négociées. La dictature et l'autoritarisme que le gouvernement actuel a instauré dans notre pays doivent être bannis sont considérés comme un pas en arrière en ce 21ème siècle.

Depuis les élections de 2010 contestées et boycottées par la plupart des partis politiques burundais actuellement regroupés au sein de l’ADC-IKIBIRI, parce qu’elles étaient entachées par une gamme de fraudes et irrégularités, la Communauté Burundaise en Afrique du Sud n’a cessé de démontrer ses inquiétudes pour ces élections. en manifestant A travers les correspondances adressées aux différents acteurs qui nous ont aidé à l’aboutissement du processus de paix d’ARUSHA , aux élections de 2005 et une marche manifestation pacifique a l’aéroport international de Durban en 2010 contre le Président Pierre NKURUNZIZA, la communauté des burundais vivant en Afrique du Sud a contribué pour que la violence politique s’arrête au Burundi.

C’est dans cette optique que la communauté burundaise d’Afrique du Sud a fait son analyse sur les questions fondamentales auxquelles le Burundi fait face actuellement afin de terminer sur la question non moins épineuse qui est celle de l’environnement pré-électoral qui devrait précéder les élections de 2015.

I. NIVEAU SOCIAL

Le dialogue est la première loi de gestion des sociétés démocratiques. Dans le cas du Burundi, le processus d’Arusha a démontré la nécessité et la vertu du dialogue, en particulier dans ce pays dont les plaies de la guerre civile ne sont pas encore cicatrisées et qui se débat encore dans un fragile processus de renormalisation sociale, politique et économique.

La victoire électorale du CNDD-FDD en 2010 souffre de contestations qui ont été à la base du retrait de plus de dix partis politiques de la course électorale et des institutions. Le constat le plus largement partagé tant par la société civile, les medias, les acteurs politiques internes et internationaux est que la situation socio politique se dégrade continuellement. Le processus d’Arusha et les nombreux autres compromis qui l’ont accompagné est mis à mal par une gouvernance qui a choisi d’ignorer les principes, les valeurs et les dispositions de la constitution, les lois de la République, le respect e l’intérêt général et du bien commun.

Au sein de la population, le désespoir grandit au rythme de la détérioration des conditions de vie causée par une classe de privilégiés et de nouveaux riches composée surtout de dirigeants corrompus. Alors que l’avènement de la démocratie se voulait prometteur d’un mieux-être, de moins de misère et de pauvreté.

II.POLITIQUE

L’Etat de droit est un des principes fondamentaux proclamés par a Constitution de la République du Burundi de mars 2005. Pas de Démocratie sans Etat de Droit ; ainsi la primauté doit être donnée à la loi, qui s’applique de manière égale à tout le monde, de simple citoyen au plus haut des dirigeants du pays. Or, au mépris des dispositions constitutionnelles, le pouvoir CNDD-FDD a installé au Burundi un Etat-parti, à la place d’un Etat des citoyens, fondé sur le respect des lois qui assurent l’égalité des citoyens. Les dépositaires de l‘autorité publique, les agents publics violent délibérément et impunément la Constitution et les lois nationales.

III.SECURITE

La paix et la sécurité sont des préalables à la démocratie et au développement. La primauté de la paix s’impose à tout le monde, et surtout aux dirigeants en tête, de souscrire aux compromis nécessaires pour répondre aux attentes urgentes des citoyens. Ces lois fondamentales n’ont toujours pas vu le jour. La police se rend coupable d’atteintes graves à l’intégrité physique des citoyens.

IV.DISTRIBUTION DES ARMES A LA MILICE IMBONERAKURE

Le gouvernement doit cesser de banaliser la situation face au risque d’effusion de sang; les récentes accusations de distributions d’armes à feu aux jeunes IMBONERAKURE sont très sérieuses. Les actions de communication entreprises par certains membres du gouvernement, au lieu de chercher à mettre la lumière sur les allégations telles que rapportées, visent à ne point douter, à occulter la réalité.

Un discours plutôt inquiétant et inédit est entretenu avec un ton accusateur à l’ endroit des Nations Unies comme étant complices ou protectrices de l’opposition à laquelle assimile la société civile. La position de certains membres du parlement qui condamnent ouvertement les Nations Unies, le BNUB, le représentant spécial du Secrétaire General des Nations Unies et certains agents du BNUB complique d’avantage la situation. Et pour cause, il est inconcevable que le gouvernement et le parlement se solidarisent dans cette affaire alors que le parlement était supposé mettre sur pied une commission parlementaire d’enquête et exiger le gouvernement des explications sur ces allégations.

Les positions tranchées des institutions qui banalisent la question en témoignent à suffisance leur manque de volonté à prévenir que l’irréparable ne soit commis au Burundi et pareille situation exige de la Communauté Internationale de prendre des mesures appropriées en vertu de "La responsabilité de protéger". La défense faite par la cause des généraux cités dans le câble diplomatique vient de confirmer qu’il ya des intouchables dans ce pays tandis que des centaines de citoyens sont injustement privés de leur liberté, des fois en violation du droit à la défense. Les allégations apportées par le BNUB ne sont pas à prendre à la légère d’autant plus qu’elles concernent la vie, la sécurité, la paix et la stabilité du pays et visent les actes qui seraient commis par une catégorie de la population burundaise s’étant déjà illustrée dans les violations des droits et liberté des citoyens sur l’ensemble du pays

Les considérations faites à l’égard de la société civile et des médias démontrent un acharnement sans égal contre ces acteurs pourtant reconnus pour être la voix de sans voix et en même temps des intensions de vouloir les faire taire. Des actes d’intimidation à l’endroit de la société civile, des journalistes et des médias ne laissent aucun doute sur une possibilité de s’en prendre à eux en pensant que sans la société civile et les médias, des esprits mal intentions pourraient facilement installer un pouvoir dictatorial ou les droits et libertés des citoyens ne seraient plus respectés.

V.JUDICIAIRE

L’indépendance et l’impartialité de la Justice sont prescrites par l’accord d’Arusha et la Constitution. Il ne peut par ailleurs y avoir de Démocratie sans Justice indépendante et impartiale. Contrairement au prescrit de la Constitution, la justice est contrôlée et instrumentalisée par le pouvoir exécutif malgré la séparation des pouvoirs, soit un des principes fondamentaux proclamés par la même Constitution.

L'Honorable El hadj Hussein RADJABU a été détenu depuis 27 Avril 2007 avec ses co-accusés Mr. Pasteur MPAWENAYO et Mr. Jean BIGIRIMANA sous les fausses accusations de déstabiliser le processus de paix dans le pays. Il était accusé d'être le leader du mouvement rebelle tout comme ses co-accusés. Ce qui est étonnant, c'est qu'ils ont tous été emprisonnés pour le même crime, mais ses co-accusés ont été libérés, mais pas lui.

Est-ce la jurisprudence ou emprisonnement politique? Assurément, c'est un emprisonnement politique, par conséquent, nous exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle.

L'Honorable El hadj Hussein RADJABU a plutôt été incarcéré depuis le 27 avril 2007 pour des faits que nul ne saurait concevoir, condamné à 13 ans de réclusion dont il a déjà purgé plus de la moitié. La loi prévoit que si un prisonnier se comporte bien avec discipliné pendant un quart de sa peine, il peut être libéré.

Monsieur Hussein RADJABU a été illégalement arrêté le 27 avril 2007 pour l’empêcher de poursuivre son affaire relative à l’usurpation des fonctions par les haut dignitaires de cette République à l’issue du Congrès du parti CNDD-FDD.

L’affaire de cet homme politique a été reprise par la résolution de l’Union Interparlementaire à sa 194ème session tenue à Genève 20 Mars2014. Son emprisonnement démontre à suffisance la ségrégation car beaucoup de prisonniers même accusés de crimes graves sont libérés alors que lui est toujours victime de l’exclusion des « Sauf ».

VI.RECOMMANDATIONS

Nous, Burundais vivant en Afrique du Sud;

1. Exigeons la libération immédiate et inconditionnelle de L’honorable EL Hadj Hussein RADJABU

2. Exigeons également la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques y compris les membres du Parti MSD, FRODEBU, FNL et autres.

3. Demandons au conseil de sécurité de délibérer sans délais sur la situation du Burundi et constater la gravité de la situation;

4. Demandons la création d’une commission des Nations Unies chargée d’enquêter sur la situation sécuritaire au Burundi et vérifier les allégations de distribuer les armes et le rôle des IMBONERAKURE dans le secteur de la sécurité du pays ;

5. Demandons qu’une résolution qui revoit la mission et le mandat du BNUB soit votée sans délais pour mettre sur pied une unité spécialisée chargée d’observer de près tous les signes conduisant à la violence, protéger les citoyens burundais et prévenir les crimes internationaux.

6. Demandons à la population burundaise de rester vigilante et refuser toute sollicitation susceptible de diviser les burundais.

7. Demandons aux médias burundais de redoubler d’ardeur pour accorder d’avantage l’espace aux citoyens burundais afin qu’ils puissent contribuer au maintien de la paix et de la concorde nationale.

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