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Ma vision, Ma conviction : La Suisse, un nouvel espoir pour le peuple burundais
Par (Source: Arc en ciel)
Le 12 juin 12
Sous l'invitation de l'Organisation Non Gouvernementale (Ong), Initiative et Changement, un groupe de burundais issu de plusieurs secteurs socio-politiques, s'est réuni en terre helvétique, pour un séminaire sur "le leadership au Burundi". Si plusieurs sources concordantes continuent d'affirmer qu'il s'agit d'un début d'un long processus des négociations entre le gouvernement Cndd-Fdd et ses opposants, la version officielle parle d'une simple rencontre qui n'a rien des négociations. Pourtant, d'après nos informations, la recréation est presque finie. Désormais, la Communauté Internationale va user de toute son influence pour ramener les politiciens burundais, les représentants de la Société Civile, ... sur une même table des négociations. En vue finalement de trouver un moyen consensuel de diriger convenablement ce pays, en respectant la "Bonne Gouvernance". Comme nous l'avons toujours écrit dans les colonnes de notre journal, le Burundi est loin d'être une île isolée, dans un océan perdu, au bout du monde. Ce qui signifie que, tout ce qui se passe dans notre pays, intéresse le reste du monde, à plus d'un titre.
Aujourd'hui, la situation générale du pays prouve que le gouvernement en place à Bujumbura (Burundi) est loin de remplir démocratiquement son contrat avec le peuple. En effet, il y a trop d'incohérence dans le fonctionnement des institutions au Burundi, une multitude des violations massives des Droits de l'Homme dans ce pays, des détournements de fonds publics à l'échelle mobutienne et en toute impunité, une justice très dépendante de l'Exécutif et du parti au pouvoir, une opposition politique systématiquement morcelée par le pouvoir, des prisonniers politiques qui se comptent par dizaines et gratuitement "internés" dans les bagnes burundaises, une liberté d'expression gérée d'après l'humeur des grosses pointures du pouvoir, des exécutions extrajudiciaires contre des militants de l'opposition bien ciblés, des leaders de l'opposition en exil, une crédibilité du Burundi en chute libre dans les instances internationales, ...
Bref, les mobiles de discuter ne manquent pas. Du coté du Cndd-Fdd et de ses partis satellites, comme dans l'ADC-Ikibiri ou dans la Société Civile, personne n'a intérêt d'évoluer en solitaire, comme un chien errant, terminant souvent sa course en décomposition, en plein air, au vu et au su de tout le monde. Le Président Pierre Nkurunziza et toute son équipe, ont tous besoin de terminer en beauté leur mandat. Tandis que l'opposition veut la décrispation du terrain politique, afin de vivre pleinement la Démocratie. En refusant de participer aux derniers travaux de l'Initiative et Changement en Suisse, le Cndd-Fdd a peut-être évité de se faire surprendre, sinon, la "chaise vide" ne lui profite, en aucune manière. En effet, à partir du moment où la Communauté Internationale décide de prendre l'affaire en mains, elle dispose de plusieurs facilités pour contrer les uns et les autres, à se mettre sur la table des négociations. Et cette absence des représentants de l'Etat et du Cndd-Fdd au plus haut sommet du parti présidentiel, semble être une tactique politicienne de jouer le chrono, afin de comprendre les tenants et les aboutissants de ces rencontres qui devraient se poursuivre bientôt dans plusieurs villes européennes.
Voilà pourquoi, rien n'est sorti de cette rencontre, notamment sur la question cruciale des prisonniers politiques. Aucun membre du parti au pouvoir, parmi ceux qui étaient en Suisse, n'avait la force et le mandat de parler ou d'agir au nom de son parti. Encore moins du gouvernement de Bujumbura. Il faudrait se rappeler que même dans le temps, le Major Pierre Buyoya, fier de son pouvoir et de sa puissance, dopé également par la brutalité de ses services de l'ordre vis-à-vis de ses opposants, avait fini à rejoindre la table des négociations, malgré lui ! Pourquoi pas le Cndd-Fdd ? Refuser de négocier à temps, alors que l'on dispose toujours du gros de ses moyens, c'est une erreur stratégique, normalement payée cash en politique ! Le Cndd-Fdd ne pourra pas résister longtemps, à de telles négociations, surtout que la Communauté Internationale, l'ADC-Ikibiri et la Société Civile semblent bien partis, pour dessiner ensemble, ce qui sera l'avenir politique du Burundi, dans les prochains mois. Notamment pour permettre des élections libres, transparentes et démocratiques en 2015. Ce qui serait une avancée significative, par rapport aux élections de 2010.
C'est aussi l'enjeu majeur de ces pourparlers qui ne font que commencer. La roue de l'Histoire continue de tourner, avec ou sans le Cndd-Fdd. Un parti qui a tout intérêt à rejoindre les autres, au risque de se décrédibiliser davantage sur la scène nationale et internationale. Quant à l'opposition, l'heure de la vérité a déjà sonné. A elle de prendre ses responsabilités, discuter sans demander l'impossible, placer les intérêts du peuple et du pays au centre de ses interventions. Après Arusha (Tanzanie) qui est morte quelques temps après sa signature et où négociaient les hutu et les tutsi, la Suisse constitue un espoir important pour toute la population burundaise. En ce sens que c'est la première fois que ce sont des burundais qui s'engagent à discuter ensemble ! Et non les hutu et les tutsi. L'optimisme est permis!
Thierry Ndayishimiye
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