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L’avenir politique de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU en cinq scénarios
(Source: Arc en ciel n° 259 du 03 juillet 2009)
Le 12 juillet 09
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Depuis le vendredi 27 avril 2007, l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU croupit dans la prison centrale de Bujumbura (Mpimba) où il est déjà condamné deux fois par la Cour Suprême du Burundi, à treize ans de servitude pénale pour "atteinte à la sureté intérieure de l’Etat" et "Outrage à Chef de l’Etat". L’emprisonnement de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU, ancien patron et idéologue du parti au pouvoir, ne répond à aucune disposition légale connue dans le Droit positif burundais. De l’avis de plusieurs observateurs nationaux et internationaux qui suivent de près le procès de cette figure de proue de l’ancienne rébellion du Cndd-Fdd et incontestable artisan de sa victoire aux élections locales et générales de 2005, l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU est plutôt victime d’une conspiration savamment orchestrée par certains généraux issus de l’ancienne rébellion du Cndd-Fdd en quête de puissance et de pouvoir sans partage, qui ont malheureusement affaiblit et plongé dans l’eau leur parti politique, à cause tout simplement des calculs politico-électoralistes visant 2010, s’avérant aujourd’hui très erronés.
Au delà de cette injustice qui frappe toujours l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU et ses codétenus, il convient aujourd’hui de voir si ce jeune leader politique, charismatique et très soutenu au Burundi, a-t-il encore un avenir politique dans ce pays ? Il nous semble que oui. En effet, nous vous proposons dans les lignes qui suivent, les cinq scénarios encore possibles de l’avenir politique de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU au Burundi.
Certes, compte tenu des ambitions personnelles et présidentielles de certains de ses détracteurs et architectes de son emprisonnement, il n’est pas du tout certain que l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU va retrouver sa liberté, avant les prochaines élections de 2010. Mais, supposons que le Président Pierre NKURUNZIZA décide de l’amnistier avant ces élections, car lui, et lui seul est aujourd’hui capable de le faire, en le déclarant officiellement par un décret ou en donnant l’ordre à la Cour Suprême de gérer ce dossier sans passion ni manipulation politique. Dans ce cas de figure, l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU aurait deux possibilités : rester dans les rangs du Cndd-Fdd ou s’enrôler dans un autre parti, comme l’UPD-ZIGAMIBANGA où il compte des centaines, voire des milliers des sympathisants.
En restant au Cndd-Fdd, ce qui n’est pas pour l’instant envisageable, l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU apporterait une véritable bouffée d’oxygène à ce parti qui sombre du jour au jour dans l’impopularité au sein de l’opinion nationale et internationale, et qui selon certaines sources indépendantes mais non encore confirmées officiellement, même le Président Pierre NKURUNZIZA serait aujourd’hui déçu par les prestations des dirigeants de ce parti qui n’arrivent plus à mobiliser beaucoup de membres sur le terrain politique, comme en 2005. Ce qui présage déjà une douche froide lors des prochaines élections. En réalité, avec l’emprisonnement de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU, le Cndd-Fdd est comme un jeune homme indiscipliné désavoué par son père et qui erre toute la journée dans la cité, sans connaitre sa destination, alors que les autres s’organisent constamment pour savoir où ils vont et quels moyens vont-ils utiliser pour arriver à leur point d’arrivée. Le réalisme politique de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU, son efficacité sur terrain et sa diplomatie extraordinaire pour mobiliser les « amis » du parti, seraient d’une importance capitale pour réanimer le Cndd-Fdd, avant une autre série des victoires électorales en 2010. Malheureusement, depuis le congrès de la rupture, tenu en février 2007 à Ngozi, les dirigeants du Cndd-Fdd, depuis le sommet à la base, se concertent régulièrement pour entretenir l’assassinat politique et moral de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU, obtenu par son maintien en prison, pour répondre uniquement à des calculs mesquins, politiciens et électoralistes. Mais en vain.
Sur un autre point, l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU peut sortir de la prison et adhérer à un autre parti politique, comme l’UPD-ZIGAMIBANGA qui ne cesse de confirmer sa force et sa détermination pour gagner démocratiquement les prochaines élections, à tous les niveaux, depuis les collinaires jusqu’aux présidentielles. Là, les dés seraient effectivement lancés. En s’impliquant personnellement dans la campagne de l’UPD-ZIGAMIBANGA, un parti que l’on lui attribue à tort ou à raison, il n ya aucun doute que l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU permettrait à ce parti de faire carton plein en 2010. En effet, ils sont des milliers et des milliers de burundais, éparpillés dans les quatre coins du Burundi (et du monde entier) qui seraient déjà prêt à lui suivre, partout où il pourrait aller, pour continuer sa bataille politique, violente ou pacifique, même si nombreux burundais ne veulent plus la guerre dans ce pays. Aucun citoyen responsable ne pourrait aujourd’hui investir dans la guerre. Non seulement il serait vite désavoué par le reste de la population, mais aussi, il s’agit d’une guerre perdue d’avance, car il ne mobiliserait pas beaucoup de combattants. En entrant donc officiellement dans l’UPD-ZIGAMIBANGA, l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU ferait de 2010, une simple promenade de santé pour signer une bonne revanche contre ses détracteurs qui l’emprisonnent toujours sans raisons juridiques convaincants, uniquement pour des motifs politiciens !
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L’Honorable Radjabu et l’ex président Domitien Ndayizeye |
S’agissant du troisième point, l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU peut sortir de la prison et rester sur place, sans s’afficher ouvertement derrière tel ou tel autre parti. Ca serait une perte énorme pour le Burundi. Aujourd’hui, sauf peut être le Cndd-Fdd et sa cavalière du jour, l’Uprona Buyoyiste de Kumugumya, aucun autre parti politique ne pourrait se passer des services de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU. Actuellement même en prison, il est selon plusieurs sources proches de la Prison Centrale de Bujumbura (Mpimba), toujours consultés par les hommes politiques burundais, du Cndd-Fdd comme ceux des autres partis politiques agréés au Burundi, pour la simple raison qu’il est parmi les rares personnalités de ce pays, capables de jouer les sapeurs pompiers en cas d’incendie ou de médiateur en cas de conflit ouvert entre deux ou plusieurs partis politiques, ou même entre individus-clés de ce régime. L’Honorable El Hadj Hussein RADJABU n’a rien perdu de son influence et de sa popularité dans le pays, en dépit de ces années d’emprisonnement abusif, politique et prolongé. Il pourrait vivre simplement de ces consultations et profiter de ses économies pour investir dans des affaires diversifiées au pays, une autre façon de contribuer dans sa marche vers le développement et le modernisme.
En quatrième point, l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU peut sortir de la prison et partir vivre à l’étranger pour se ressourcer davantage, nouer des contacts et prendre un peu de repos pour voir ses enfants, ses parentés et discuter librement avec ses amis éparpillés dans les quatre coins de la planète. Mais ce qui est certain, l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU ne ferait pas du tout très longtemps à l’extérieur. Son chez-soi se trouve au Burundi, son pays natal et la terre de ses ancêtres. On peut tout lui voler, mais jamais sa qualité de burundais ne pourra pas lui être prise. Avec l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU contraint de vivre à l’étranger, le pouvoir de Bujumbura, dans son contexte actuel, serait plus malheureux et battu diplomatiquement sur toute la ligne. En effet, il est la seule personnalité politique burundaise, à cette heure, qui connait le mieux le Cndd-Fdd et son système, le seul capable de déceler avec précision les forces et les faiblesses de ce système, le seul qui est en mesure de lui mettre pacifiquement à la touche et rentrer directement aux vestiaires, en utilisant des arguments cohérents, clairs et avec des preuves à l’appui, sur les manières de ce pouvoir, ses agissements très peu orthodoxes et où il pourrait encaisser un coup politiquement mortel.
Le dernier point concerne le cas où l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU serait maintenu en prison, jusqu’à la fin des prochaines élections. Ca serait une erreur politique et judiciaire du Cndd-Fdd en général et du Président Pierre NKURUNZIZA et ses principaux lieutenants en particulier. En effet, tous les magistrats de la Cour Suprême, certains responsables du Service National de Renseignements, quelques cadres de la présidence de la République, tout ce monde en privé, reconnaisse que le dossier emprisonnant l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU est vide. Ils savent que ce citoyen burundais est victime de la puissance démesurée du pouvoir en place à Bujumbura. Mais ils oublient que maintenir l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU en prison, c’est entretenir constamment sa bonne santé politique et prouver par ce coup que le Cndd-Fdd est un parti à boycotter, un parti qui n’hésite même pas à coffrer celui qui était, avant son emprisonnement, le cœur, le cerveau et les poumons du parti au pouvoir. Aujourd’hui, politiquement, l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU, aux yeux de nombreux burundais non membres du Cndd-Fdd, il est devenu politiquement propre, lavé de tous les crimes et manquements que l’opinion nationale et internationale lui avait collé, à tort ou à raison. Vaut mieux l’avoir à ses cotés, au lieu de l’envoyer vivoter en prison. Certains dirigeants du Cndd-Fdd et du pays l’ont-ils déjà constaté? Peut être. Sinon, les prochaines élections de 2010 seront une preuve par neuf de cette véritable réalité politique au Burundi qui confirme que la mauvaise santé politique du Cndd-Fdd est le résultat de ce montage grotesque et ridicule concocté contre l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU, uniquement pour l’écarter des prochaines consultations électorales de 2010. Qui vivra verra !
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