Burundi Transparence, c'est l'actualité en continue.
Accueil                     Précedente                     Suivante                 Archives

 

 

 Actualités

Le président Nkurunziza envisage de se gracier pour présenter sa candidature aux élections de 2010
 Le 03 juillet 09

"SVP, donnez-moi encore la chance d’être auprès des grands !!!"
Un juriste belge, Stef Vandeginste, avait jeté un pavé dans la marre au mois de Mars 2009 en démontrant juridiquement que le président Pierre Nkurunziza ne peut pas se présenter aux élections présidentielles de 2010.

Dans son article 97, la Constitution du 18 mars 2005 stipule que le candidat aux fonctions de Président de la République "ne doit pas avoir été condamné pour crime ou délits de droit commun à une peine déterminée par la loi électorale". Dans le Code Electoral du 20 avril 2005, ceci a été confirmé et spécifié dans l'article 192, où il est dit que si le candidat "a été condamné pour crime à une servitude pénale égale ou supérieure à cinq ans, il doit avoir entièrement purgé sa peine depuis au moins dix ans". Le 12 février 1998, l'actuel Président Pierre Nkurunziza, conjointement avec sept autres prévenus, a été condamné à mort in absentia (par contumace) par la Chambre criminelle de la Cour d'Appel de Bujumbura pour avoir posé des mines anti-char à Bujumbura dont les explosions, en début 1997, ont coûté la vie à une dizaine de personnes.

Par peur d’être rattrapé par la justice et de surcroît présenter sa candidature à sa propre succession, le président Nkurunziza vient de créer une commission de ses plus fidèles lieutenants au sein de son parti, le Cndd-Fdd. Cette commission est dirigée par Mr Melchiade Nzopfabarushe.

Mr Nzopfabarushe, qui est l’actuel commissaire général adjoint de la Brigade spéciale anti-corruption, est chargé de diriger cette commission qui va étudier les voix et moyens qui peuvent permettre au président Nkurunziza de présenter sa candidature à sa propre succession. Plusieurs scénarii sont envisagés :

- amender le Code Electoral et la Constitution dans le sens de lui permettre de présenter sa candidature,
- va-t-il se gracier lui-même ?
- violer la Loi Fondamentale, qui est son sport favori ; plusieurs de ces conseillers le lui recommandent mais lui-même craint les pressions qui vont s’ensuivre
- ...

Les fonds sont déjà disponibles pour corrompre les parlementaires qui vont accepter de voter les amendements sur le Code Electoral et la Constitution, rien que pour permettre au président Nkurunziza de présenter sa candidature. Sera-t-il pour la Nation ou pour l’Individu ?

C’est qui est surprenant, un responsable de l’organisme chargé de lutter contre la corruption au Burundi se voit confier la mission de corrompre, qui pourra l’arrêter ? Les parlementaires ne vont pas s’inquiéter d’une quelconque arrestation car c’est, celui là même qui devrait les arrêter, qui les corrompt par l’assentiment du président Nkurunziza.