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La manipulation de la Cour Suprême par le pouvoir continue
(Source: Journal Arc-En-Ciel No.254 du 29 mai 2009)
Le 02 juin 09
La surprise n’a pas eu lieu. En effet, ce lundi passé, la Cour Suprême du Burundi a confirmé la peine de 13 ans de servitude pénale pour l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu, poursuivi pour "atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat" et "outrage au chef de l’Etat." Même pour l’Avocat de l’ancien "homme fort" du parti au pouvoir, tout était prévisible, la Cour Suprême a nié le droit pour faire comme depuis le premier juge, une lecture politique de ce procès qui discrédite sérieusement la Justice au Burundi et la Cour Suprême. Il n’y a pas très longtemps, une source proche de la présidence de ce cour avait déclaré à notre rédaction que ce dossier est vide mais que l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu va rester en prison, juste le temps d’organiser les prochaines élections et l’écarter de la course aux présidentielles de 2010.
En effet, tout indique que l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu est victime de la militarisation du Cndd-Fdd et des dissensions qui secouent ce parti depuis le Congrès de Ngozi, tenu le 7 février 2007. Pour les connaisseurs de cette formation politique, les structures politiques du Cndd-Fdd sont aujourd’hui prises en otage par une poignée de galonnés qui prennent également le président de la République en sandwich en vue de l’imposer dans sa prise des décisions. Et depuis que ces hommes influencent toutes les décisions, bonnes ou mauvaises du parti, ce dernier est constamment en perte de vitesse. Ce qui pourrait en partie expliquer cet acharnement contre l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu. Le problème crucial dans cette affaire qui attire l’attention de toute la communauté nationale et internationale serait liée au comportement politique de l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu, une fois qu’il serait libéré, d’après plusieurs sources proches du Cndd-Fdd.
Pour beaucoup d’acteurs, de metteurs en scène et de concepteurs du montage grossier qui a envoyé l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu et ses co-accusés en prison, ils ont très peur de sa libération. Ils croient que cet ancien idéologue du Cndd-Fdd va tout faire pour organiser sa vengeance, ce qui serait terrible pour eux, surtout que depuis leur bêtise, le Cndd-Fdd se rétrécit comme une peau de chagrin et continue de perdre un nombre impressionnant parmi ceux qui s’étaient sérieusement investis pour ses victoires électorales de 2005. C’était une erreur politique et stratégique de mettre en prison pour le Gouvernement Pierre Nkurunziza, un leader charismatique de la classe de l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu. Aujourd’hui, comme ils ont piégé le Président Pierre Nkurunziza dans ce complot caractérisé par l’amateurisme de ses architectes, ils veulent maintenir à tout prix l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu et ses co-accusés en prison et préparer ainsi la reconduction dans ses fonctions du Président Pierre Nkurunziza, en 2010.
Mais sur un autre plan, le candidat du Cndd-Fdd aux prochaines présidentielles n’est pas encore connu. En dépit du fait que le numéro un burundais ne fait pas encore l’unanimité dans son parti, selon un juriste belge interviewé par notre collègue "Iwacu", il n’y a pas très longtemps, le Président Pierre Nkurunziza ne pourra pas être légitiment candidat en 2010, à cause de sa condamnation par la justice burundaise, dans une affaire de pose des mines, par une peine capitale, au milieu des années 1990. Si le Président Pierre Nkurunziza n’est pas candidat, il faut s’attendre à un séisme politique très fort dans les rangs du Cndd-Fdd, ce qui pourrait améliorer ou non, les chances de voir la libération de l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu, un homme qui ne connaît de fond en comble le Cndd-Fdd et peut en un instant le réanimer pour redevenir compétitif sur l’échiquier politique burundais. Au fond, l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu n’est qu’une victime de sa volonté incorruptible de respecter à la lettre les textes légaux du parti, sans en vendre l’idéologie ni le déformer pour des visées politiques sectaires, comme c’est fut le cas à Ngozi, d’après plusieurs sources concordantes et indépendantes, recueillies au sein même du Cndd-Fdd.
Le problème dans cette dictature est que la popularité et l’influence politique de l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu, même en prison, continue de monter dans l’opinion nationale et internationale, lui qui draine toujours des milliers et des milliers de membres et sympathisants dont le seul credo politique quotidien, consiste à changer ce système en place au Burundi, par des urnes. Or, il n’y aucune volonté visible du pouvoir, à organiser des élections libres, transparents et démocratiques au Burundi. Il veut plutôt réduire en silence ceux qui ne pensent pas comme lui, en les harcelant politiquement par le biais de la police et s’il le faut, en instrumentalisant les instances judiciaires. Comme hier avec l’emprisonnement très décrié du Président du Mouvement pour la Sécurité et la Démocratie (MSD), Alexis Sinduhije et comme aujourd’hui, avec l’incarcération politique et abusive de l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu et de plusieurs autres détenus de ce groupe, parmi lesquels des élus du peuple, des anciens ministres et des simples citoyens !
Malheureusement, les magistrats burundais n’arrivent pas à prendre leurs responsabilités en mains ! Ils se laissent manipuler par le Cndd-Fdd, la police présidentielle, la présidence de la République, ... pour éviter notamment de broyer du noir. En s’en prenant par exemple au magistrat Désiré Nizigiyimana qui aurait dit-on participé à l’élargissement du Président Sinduhije, ces manipulateurs de la Justice burundaise ont voulu faire un clin d’œil aux magistrats qui participent dans le dossier de l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu, pour qu’ils ne libèrent pas cet icône de l’opposition burundaise. Aujourd’hui, c’est une mission qui réussit parfaitement quoi qu’elle dévalue sensiblement la qualité de notre Cour Suprême et de tous les autorités politiques de ce pays, au plus sommet de l’Etat.
Peut-on croire un instant que l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu pourrait bénéficier de la grâce présidentielle ? Sauf pressions internationales très fortes, l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu reste en prison pour plusieurs mois encore. Mais "quelle que soit la longueur de la journée, le soleil finit par se coucher." "Et rira bien qui rira le dernier", d’après les fables de La Fontaine ! Ce qui est aussi certain, l’emprisonnement de l’Honorable El Hadj Hussein Radjabu reste une épine dans les pieds gouvernementaux, ce qui ne fait que mettre progressivement au tapis, le Président Pierre Nkurunziza et ses principaux lieutenants, eux qui ont déjà perdu sur toute la ligne, en ce qui concerne l’arrestation, l’emprisonnement et les jugements de leur "géniteur politique." Et ce qui est rassurant pour ce prisonnier politique, le plus populaire de toute l’Histoire de la Prison Centrale de Bujumbura, c’est que son innocence est désormais sur toutes les lèvres du pays et sa mise en détention prolongée, politique et abusive sonne aujourd’hui comme un bâton dans la roue gouvernementale. Pourquoi assumer un tel suicide politico-diplomatique pour le régime Pierre Nkurunziza ? Mystère !
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