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 Lettres de l'Hon P. Kampayano

La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPAYANO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°57)
 Le 25 novembre 09



Lettre N°57
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr

Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi,

Te portes-tu bien avec toute la famille ?

Pour moi, je suis plus impatiente de voir notre chère patrie vivre dans la paix, et de voir les forces de sécurité s’appliquer et s’impliquer dans leurs responsabilités pour inspirer la confiance du peuple. N’est-ce pas ?

C’est vraiment ignoble de nous retrouver chaque fois face aux lamentations et tueries perpétuelles. A quel Saint nous vouer ? On aurait dû faire recours à la justice, aux corps de sécurité ou aux services administratifs.

Frère, Sœur, Ami du Burundi, tantôt c’est possible de le faire, tantôt ce n’est pas possible. Sais tu pourquoi ? Une personne est assassinée, le Gouverneur proclame que c’est parce que c’est un voleur. Un tel cas s’est produit dans la province de MAKAMBA. Comment peut-on s’enquérir de la situation ? Comment voudrais-tu que les agents de l’ordre et les juges mènent des enquêtes pour un cas de meurtre sur lequel le Représentant du Garant de la Nation a déjà terminé les enquêtes et pris position de couverture ? Cela signifie qu’un tel Administratif n’hésitera pas à tuer ses administrés. Je te jure, les propos du Gouverneur de MAKAMBA, Monsieur Thérence NTAHIRAJA, à l’occasion de la commémoration de l’assassinat de Son Excellence Melchior NDADAYE, sur l’assassinat de Samson NDUBARAYE en Commune Nyanza-Lac, Zone Muyange témoigne à suffisance que ce n’est pas un homme de son rang responsable d’une province qui tient un tel langage.

Frère, Sœur, Ami du Burundi, je t’envois la présente en vue de te rappeler de cet assassinat. Quand le temps te permet de rencontrer un Administrateur Communal, un Gouverneur de province, ou toute autre Autorité Administrative, fais-lui un clin d’œil! Demandes-lui de se soucier du bien-être de ses administrés car la vie est très sacrée, n’a pas de prix et il faut la préserver.
Je reviens sur l’assassinat banalisé par le Gouverneur de MAKAMBA car son homologue Gouverneur de la province KAYANZA, Monsieur Senel NDUWIMANA, est pointé du doigt pour avoir trempé dans l’assassinat d’un paisible citoyen connu sous le nom de Salvator NSABIRIHO. Est-il vrai ou non ? On dit que cette victime a été battue par les policiers, sous ordre du Gouverneur, et plus tard acheminé à l’Hôpital Prince Régent Charles où il mourut. Compatriote, ami du Burundi, savais-tu que ceux qui ont vu ce Gouverneur lors des cérémonies du Flambeau de la paix ont été sidérés ? On sait que le Flambeau de la paix a sa signification, mais maintenant qu’on parle de l’assassinat de Salvator NSABIRIHO, voir ce Gouverneur brandir ce flambeau, signifie simplement qu’il s’agit d’un simple bois enflammé (Igishirira). Son Excellence le Président de la République devrait garder de tels Administratifs loin de son flambeau de paix. Ne te décourage point! Cette situation va se décanter car le peuple burundais n’est pas dupe, même les dirigeants prennent conscience des auteurs du mal. Je sais aussi que, à mon instar, tu suis de près le déroulement des enquêtes sur l’assassinat d’Ernest MANIRUMVA. Il parait qu’une troisième commission d’enquête sur cet assassinat est mise sur pied et qu’une lueur d’espoir se pointe à l’horizon ! Attendons voir, mais saches dorénavant que tous les scenarii sont bien connus ; il y a eu même des investigations qui ont été menées par des étrangers qui ne craignent pas la terreur et qui ne s’immiscent pas dans la politique.

Chers Sœur et Frère, cher Ami du Burundi, aujourd’hui j’ai préféré de te parler en priorité le respect des droits de la personne humaine. Je devine que tu aimerais que je te parle du manque à gagner de trente sept milliards de nos francs endossé sur la responsabilité du Ministre de l’Eau, de l’Environnement, de l’Energie et des Mines, Monsieur Samuel NDAYIRAGIJE. Je suis de près ce dossier. Je n’ai pas beaucoup à dire là-dessus, saches seulement que ce n’est pas le seul dossier auquel les Députés devraient s’acharner dans le seul but de redorer l’image d’une Assemblée Nationale aussi reconnue pour la violation volontaire de la loi et la dévalorisation de la Démocratie. Notes aussi que le Ministre Samuel NDAYIRAGIJE a été limogé par le Président de la République après mille et une hésitations.

Je te quitte en te recommandant de te souvenir toujours du conseil que Monseigneur Bernard NTAHOTURI a généreusement donné à son Excellence Monsieur le Président Pierre NKURUNZIZA, lors de son investiture, de ne pas faire comme les autres qui font recours à la modification de la Constitution et des autres textes dans le seul but de se maintenir au pouvoir en fin de mandat.

Merci                                           Hon. KAMPAYANO PASCALINE