Lettres de l'Hon P. Kampayano
La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPAYANO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°56)
Le 18 novembre 09

Lettre N°56
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr
Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi,
Permets-moi de t’écrire encore une fois car c’est très important. A part les salutations que je t’envoie souvent, notre conversation te permet de suivre avec intérêt tout ce qui est édifiant pour ton pays du point de vue social, développement et la bonne gouvernance en général. N’est-ce pas que cela motive tes contributions ?
Compatriotes, ami du Burundi ! Les défis de la paix sont nombreux dans notre pays. Ils reposent tous sur les manquements de la justice. Si tu me vois chanter la paix alors que mes actes démontrent mon injustice envers les autres, n’hésites pas à me faire un clin d’œil car cela me fera plaisir. De même, quand je te verrai chanter la paix alors que tu es injuste et conspires dans des montages contre ton prochain, ne sois pas surpris par mon clin d’œil, il faudra plutôt t’en réjouir parce que c’est par véritable amour et pur patriotisme que je le ferai.
Chers Sœur et Frère, cher ami du Burundi, si on se donne mutuellement des conseils et que nos conseils sont dirigés vers autrui en vue d’éviter de lui faire ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse, n’est-ce pas une voie d’aide de sortie du pétrin pour le pays ?
Compatriotes, ami du Burundi ! Ne négliges point ce que je te dis. Les burundais sont fâchés ; ils sont tourmentés par les emprisonnements abusifs et arbitraires de paisibles citoyens, le déni de justice aux justiciables ainsi que le recours aux montages grossiers pour fomenter des procès. Ces délits sont aussi consignés dans les récentes résolutions de l’Union Interparlementaire et décriés dans les manifestations des membres de la diaspora burundaise devant les assises de l’Union Européenne. Cet état de chose est aussi stigmatisé par les multiples appels des Associations de la Société Civile du Burundi qui dénoncent les machinations perpétrées par le pouvoir à l’endroit d’un peuple sans défense sans parler les massacres ciblés sans espoir d’issue d’enquêtes ni sur les mobiles d’assassinats ni sur les criminels eux-mêmes.
Chers Sœur et Frère, cher ami du Burundi, aurais-tu vu ou entendu l’allocution de son Excellence le Président de la République lors de sa campagne du « Flambeau de la paix »? C’était vraiment merveilleux. Il a même lâché un pigeon qui s’envola en signe de paix. Il parlait de la paix, de la justice, de la réconciliation et d’autres aspects qui doivent être respectés et privilégiés pour que les élections se déroulent dans un apaisement total.
Je n’ai rien à dire sur ça, mais pour toi à qui j’adresse cette lettre je voudrais te rappeler qu’il y a des élus du peuple qui sont arbitrairement emprisonnés et d’autres 22 députés radiés illégalement. Si tu ne le savais pas, lis les récentes résolutions de l’Union Interparlementaire, tu trouveras de nombreuses irrégularités entachant leurs procès. J’ignore si son Excellence le Président de la République a suivi ces procès ou s’il est au courant des montages entourant ces procès. Mais, de toutes les façons, Son Excellence le Président de la République sait comment les juges « mettent du brouillard » dans les procès, comme il l’a lui-même dit aux journalistes.
A ce propos, Sœur et frère, ami du Burundi, ce que nous pouvons demander à son Excellence Monsieur le Président de la République, en tant que Magistrat Suprême, est d’user de toute son influence pour « dégager les brouillards de tous ces procès ». Toi, moi et les autres, burundais ou étrangers, faisons nôtre les récentes conclusions de l’Union Interparlementaire sur l’injustice faite envers les Députés El Hadj Hussein RADJABU, Pasteur MPAWENAYO et Gérard NKURUNZIZA sans oublier également les montages faits contre le Député Théophile MINYURANO. Ce document peut nous servir d’outil de travail. Si Son Excellence le Président pouvait s’en servir ainsi il aura valorisé son Flambeau de la Paix, et sauvé le Burundi de la descente aux gouffres.
Je te quitte en te rappelant de te souvenir toujours du conseil que Monseigneur Bernard NTAHOTURI avait généreusement donné à son Excellence le Président Pierre NKURUNZIZA, lors de son investiture en 2005, de ne pas faire comme les autres qui font recours à la modification de la Constitution et les autres textes dans le seul but de se maintenir au pouvoir en fin de mandat.
Merci.
Hon. KAMPAYANO PASCALINE
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