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 Lettres de l'Hon P. Kampayano

La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPAYANO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°52)
 Le 24 octobre 09



Lettre N°52
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr

Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi,

Comment vas-tu ? Quelles sont tes nouvelles ?

Je pense que tu suis de près le désordre que le pouvoir CNDD-FDD ne cesse de créer au sein du parti FNL. Ne trouves-tu pas que ces pratiques dégradantes ne font que ternir l’image du parti CNDD-FDD qui, à tout prix, veut enterrer la Démocratie qu’il prétendait défendre de par son appellation !

Ecoute ! Cette attitude déconcertante a été décriée par tout le monde, y compris l’Ambassadeur de la République Unie de Tanzanie qui s’est même exprimé sur les medias. Je crois que tu l’as entendu ! Je ne voudrais pas m’éterniser sur ce sujet, je sais que tu as suivi les radios avec intérêt. Toutefois, saches dorénavant que depuis la tenue illégale et irrégulière du congrès de Ngozi, le 7 Février 2007, qui a été fatal pour le parti CNDD-FDD, ses planificateurs ont été envahis de panique quant à l’émergence de nouvelles formations politiques et surtout l’essor de celles qui existaient déjà. Rappelles-toi comment l’agreement du parti ADR a été pénible. Souviens-toi aussi du harcèlement du Président de MSD longtemps avant même que son parti soit agréé. Remémores-toi également que pendant ce temps-là, le Secrétaire Général de ce parti avait été manipulé par le Ministère de l’Intérieur afin de saboter son agréement. De surcroît, tu te souviendras que les partis MSD et UPD-ZIGAMIBANGA ont été gratuitement accusés à tort d’entretenir une rébellion dans la forêt de MUSIGATI et que, heureusement, la Force de Défense Nationale a vite démenti cette rumeur malgré l’empressement et le courage du Gouverneur de la Province de BUBANZA pour faire valoir son mensonge. Il y a aussi d’autres faits infâmes, montés de toutes pièces, qui ont été reprochés aux partis politiques et associations de la Société Civile. Aujourd’hui, la Démocratie au Burundi est non seulement en danger, mais plutôt en péril ; et si de telles démarches persistent, elle finira par s’effondrer avec peu d’espoir de la redresser. Lèves-toi, ressaisis-toi, donnes tes bons offices comme je n’ai jamais cessé de prodiguer des conseils, peut être un jour la démocratie revivra.

Chers sœur et frère, cher Ami du Burundi, l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU te salut et t’informe qu’il a reçu le message du Général Major Adolphe NSHIMIRIMANA lui intimant l’ordre de regagner les rangs du CNDD-FDD au risque d’être abattu comme, dit-il, cela se passe sous d’autres cieux. S’ils pouvaient se rencontrer, ils en discuteraient. Mais comme cette entrevue semble pratiquement impossible, dis-lui  "qu’il n’est pas aisé d’imiter la démarche d’autrui" et qu’un tel langage lui lance un discrédit car tout membre du corps de sécurité devrait garantir la sécurité mêmement à tout le monde tout en évitant de s’ingérer dans les activité de l’une ou l’autre parti politique en arguant que tel ou tel autre parti politique m’est cher par rapport à l’autre. Euh ! Telle est la réponse, selon moi, serait la réponse de l’honorable El Hadj Hussein RADJABU si l’occasion se présentait, ou peut-être aurait-il à ajouter. Mais d’après moi, je sais que le Général Major Adolphe NSHIMIRIMANA en tirerait des leçons pour renoncer aux habitudes des montages. Je sais aussi que Madame Ancile NTAKABURIMVO, Présidente de la Cour Suprême est au courant du procès de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU en tant que Président du Parti CNDD-FDD contre le Ministère de l’Intérieur. Pour cela, je me trouve dans l’obligation de rassurer le Général Major Adolphe NSHIMIRIMANA, L’Honorable El Hadj Hussein RADJABU n’a pas encore remis le tablier CNDD-FDD. Néanmoins, appuyés par des milliers de membres, il s’est inscrit en faux contre la tenue illégale et irrégulière du Congrès de Ngozi.

Sœur, frère, ami du Burundi, au nom de la loi, ce parti ne peut être légalement représenté avant que ce procès ne soit vidé. J’interpelle la Cour Suprême à dire le droit et ainsi trancher ce litige. Quant à ce qui me concerne, j’ai déjà remis le tablier du parti CNDD-FDD et ils ont dit qu’une centaine a adhéré en même temps ; ah ! Comme j’ai été bénéfique à ce parti ! Je mérite un remerciement. Je pense aussi que personne ne va m’en vouloir pour autant, et d’ailleurs, le parti n’est pas une tombe où l’on entre une fois pour toutes.

Chers sœur et frère, cher ami du Burundi, en plus des conseils que tu ne cesses de prodiguer à propos des exactions du Gouvernement allant dans le sens de malmener les partis politiques et les politiciens, il faut aussi rappeler à la classe dirigeante le Conseil que Monseigneur Bernard NTAHOTURI a adressé à Son Excellence le Président Pierre NKURUNZIZA, lors de son investiture, l’implorant de ne pas faire comme les autres qui font recours à la modification de la Constitution et les autres textes en vue de se maintenir au pouvoir en fin de mandat.Merci.

                                          Hon. KAMPAYANO PASCALINE