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 Lettres de l'Hon P. Kampayano

La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPAYANO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°46)
 Le 05 septembre 09



Lettre N°46
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr

Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi,

Te portes-tu bien avec ta famille ?

Moi je ne me plaints pas et j’essaie de suivre régulièrement les nouvelles, concernant le Burundi, que je ne cesse de te faire part ; je sais que tu n’en manques pas aussi.

Chers sœur et frère, cher ami du Burundi, sais-tu que cela fait exactement quatre ans que le parti CNDD-FDD a gagné les élections ? Avant de te parler de ce qui se trame à ce propos, je voudrais d’abord te donner des écho des critiques qui se font entendre partout dans le pays faisant état des tenues des éléments du corps de la Police Nationale du Burundi.

En vérité, chers sœur et frère, cher ami du Burundi, le peuple est mécontent de voir les éléments de la Police Nationale en tenues délavées et imprégnées de poussière. Si tu rencontres un policier, on dirait qu’il rentre d’un voyage via les routes poussiéreuses de RUYIGI-CANKUZO ou de MWARO-KIBUMBU en direction d’IJENDA qui ne sont toujours pas asphaltées. Je ne les ai pas vus de mes propres yeux par contre un des mes amis qui me l’a confirmé et m’a même envoyé des photos de certains policiers en ces tenues. Euh !!! Tu ne reconnais les policiers que par leurs bérets qu’ils portent, sinon on les confondrait facilement à certains mécaniciens des quartiers périphériques de Bujumbura tels que BUYENZI. Rappelles-toi, que ces tenues sont flambant neuves car elles ont été distribuées le 1er juillet 2009 lors de la commémoration du 47ème Anniversaire de l’indépendance du BURUNDI, il y a de cela deux mois seulement. Ce n’est pas la première fois qu’une telle situation se produise au sein de ce corps même si un adage dit que « Un homme averti en vaut deux ». Tu te souviens que l’ancien Directeur Général de la Police Nationale, actuel Ministre de la Sécurité Publique avait attribué un marché gré à gré à celui qui devrait colorer les uniformes de la police, avec toute l’interprétation que cela revêt. La Direction Générale de la Police Nationale aurait-elle prévu encore une autre quantité d’encre ? Si oui, ne trouves-tu pas que ces magouilles devraient cesser ? Pourquoi une telle situation ne se présente-t-elle pas au sein de la FDN ?

Chers sœur et frère, cher ami du Burundi ! Je ne pointe le doigt sur personne mais tous les responsables d’octroi des marchés au sein de la Police Nationale doivent garder à l’esprit que le peuple burundais n’est pas dupe. Seul le respect nous oblige à garder silence mais nous ne pouvons pas laisser échapper l’occasion de prodiguer des conseils. Si toi, moi ou quelqu’un d’autre oses donner un quelconque conseil, le pouvoir ne devrait pas nous en tenir rigueur, mais au contraire, chercher à se corriger car un conseiller n’est jamais ennemi. Que personne ne prétexte que ces tenues ont été offertes par le BINUB, car, nous savons que le BINUB a donné le financement. Nous n’ignorons rien en rapport avec l’achat de ces tenues, mais aides-moi à faire un clin d’œil à tous ceux qui ont l’habitude de détourner les biens publics et surtout certains étrangers qui sont leurs complices.

Chers sœur et frère, cher ami du Burundi, les élections de 2005 se sont bien déroulées après que la population ait élu les conseillers communaux et les parlementaires. Les conseillers communaux ont élu les Sénateurs. Ces derniers, de concert avec les Députés, ont élu le Président de la République. Les élections se sont clôturées par le vote des conseillers collinaires. Il est vrai qu’il y a un parti qui a récolté plus de votes que les autres, mais la victoire était pour tous les Burundais. Elle n’était pas pour une seule personne ou un groupe de personnes qui prétendent organiser sa fête après avoir écarté les autres citoyens comme les 22 parlementaires qui avaient pourtant joué un rôle important pour la réussite de ces élections. Nous citons ici le cas des Honorables El Hadj Hussein RADJABU, Pasteur MPAWENAYO, Gérard NKURUNZIZA emprisonnés par ce même groupe. Je vous défie, ce groupe de personnes ne fête pas la victoire, mais bien les richesses accumulées ou spoliées à tort ou à raison. Je tiens à vous rappeler que tous ces 22 élus du peuple avaient voté pour le Président de la République ; l’on se demande comment et quand vont ils jouir d’une fête de la victoire commune durement recherchée ensemble ?

Chers frère et sœur, cher ami du Burundi, aides-moi à donner des conseils aux démobilisés. Ceux-ci ne sont plus des politico- militaires œuvrant au sein des partis politiques même si le parti CNDD-FDD n’y comprend rien. Tu auras entendu le représentant de ce parti à NYANZA-LAC déclarer qu’il faut les laisser exercer leurs activités au grand jour. Il l’a sans nul doute dit sous influence de ses supérieurs. Ne trouves-tu pas qu’il faudrait arrêter ces pratiques mafieuses qui font que les forces de l’ordre éprouvent des difficultés à les distinguer des malfaiteurs responsables de criminalité et du banditisme ?

Je ne saurais terminer la présente sans te rappeler que Monseigneur Bernard NTAHOTURI avait si bien dit à l’adresse de son Excellence le Président Pierre Nkurunziza lors de son investiture en 2005 : « Excellence, nous espérons que vous ne ferez pas comme les autres qui recourent à la modification de la Constitution et les autres textes pour se maintenir au pouvoir en fin de mandat ».

Veilles à alors donner des conseils. Merci.

                                          Hon. KAMPAYANO PASCALINE