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 Lettres de l'Hon P. Kampayano

La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPAYANO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°41)
 Le 14 juillet 09



Lettre N°41
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr

Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi,

Remercions le Bon Dieu qui nous réunit encore une fois par le biais de cette missive. Te portes-tu bien avec ta famille ? Pour ce qui concerne ma santé, je ne me plaints pas, mais pour ce qui concerne la vie de la Nation, tu es sans ignorer que tous les Burundais sont beaucoup plus préoccupés par la recrudescence de l’insécurité et le déni de la Démocratie.

Chers sœur et frère, cher ami du Burundi, sais-tu pourquoi les Burundais ont entamé les négociations d’ARUSHA, qui ont duré plus de deux ans, après celles de KIGOBE et KAJAGA ? Te souviens-tu pourquoi il y a eu des négociations pour les accords de cessez-le-feu ? Permets-moi de te rappeler, chers sœur et frère, cher ami du Burundi, que c’était pour que les Burundais puissent se convenir d’arrêter les chicaneries politiques qui étaient causées par des suspicions, l’impunité, l’égoïsme et accaparement de la richesse nationale, ce qui a abouti à la signature des accords de 2000. Je te rappelle en outre que beaucoup d’autres protocoles d’accords d’arrêt des hostilités non appliqués avaient été signés. Prends bien note que ces pourparlers ont sorti le Burundi du gouffre immense. Si l’insécurité persiste actuellement dans le pays, c’est la faute du manque de la politique claire de désarmement de la population civile. C’est également aussi suite à l’intérêt observé du réarmement d’autres groupes de la même population civile. De surcroît, la mise en place de la Commission Vérité et Réconciliation, de la justice transitionnelle a été reléguée au second plan à la veille des élections marquant la fin de la période post conflit.

Chers sœur et frère, cher ami du Burundi, qu’est-ce qui pourrait lever notre inquiétude ? Figures-toi que, avec la complicité de la Cour Constitutionnelle, la Constitution a été violée pour satisfaire les intérêts sectaires d’un groupe de gens ou d’un parti politique et que même 22 Députés ont, au mépris de la loi, été radiés de l’Assemblée Nationale et que certains parmi eux ont été incarcérés à MPIMBA ! L’Union Interparlementaire et des organisations internationales ont fortement décrié cette violation de la constitution, mais le Gouvernement n’a pas voulu désarmer face à sa décision. A quel Dieu nous vouer ? Notre regard devrait tourner vers ces accords pour qu’il n’y ait pas manipulation de certaines dispositions pendant cette période au profit des intérêts partisans. Tous les amendements doivent se fonder sur l’intérêt général sans exclusion aucune des partis politiques ou des organisations. J’interpelle tous ceux qui ont contribué au processus de paix au Burundi de rester vigilants car les tractations pour saboter les accords conclus commencent à se faire remarquer.

En conclusion, les accords de paix signés sont très clairs. L’amendement de certaines dispositions doit se faire par consensus, mais nous remarquons que des machinations sont en cours. C’est pour cette raison que je te demande, chers sœur et frère, cher ami du Burundi, de donner ta contribution pour que le Burundi aille de l’avant. Si seul le Cndd-Fdd est autorisé à tenir des meetings, pendant que le Président de la République ou le ministre de l’intérieur tiennent des discours apaisants pour tout le monde, et que le parti au pouvoir et certains administratifs continuent à agir dans le sens contraire, cela est très intriguant. Aides-moi à donner des conseils pour que la loi soit mêmement respectée pour tous, protège tout le monde dans les mêmes circonstances, et que le Gouvernement soit au service de tous les Burundais sans distinction, c’est cela la Démocratie. Merci.

                                          Hon. KAMPAYANO PASCALINE