Lettres de l'Hon P. Kampayano
La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPAYANO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°39)
Le 02 juillet 09

Lettre N°39
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr
Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi,
Permets-moi de te rédiger la présente sans cesse en vue de te transmettre mes salutations pleines d’amour et de partager les nouvelles du moment.
Prends ton temps de comprendre sans avoir des penchants ni pour l’un ou l’autre parti politique ni pour les politiciens que nous pointons du doigt quand ils sont à la base des dérapages. Si nous pouvions échanger avec un respect mutuel, cela entrainerait beaucoup de changements dans nos cœurs et surtout en ce qui concerne l’édification du Burundi, un pays caractérisé actuellement par l’insécurité, le déni de la Démocratie (exemple simple : la radiation illégale des 22 élus du peuple au mépris de la loi) et par les détournements de fonds dans les secteurs privés ou publics.
Oh ! A ce sujet de détournements, figures-toi que ces derniers jours, plus de 40 tonnes de café ont été déchargées d’un camion remorque sur la route Ngozi-Bujumbura. Ces sacs de café ont été rechargés dans d’autres véhicules sous la supervision des hommes en uniformes policières. Rappelle-toi que ce samedi 20 juin 2009, lorsque le Président de la République répondait aux questions de la population via téléphones, il a mis en garde quiconque aurait participé dans ce vol, et a ensuite donné un délai de 3 jours seulement pour que ces détourneurs soient appréhendés. Ce délai est déjà expiré, mais rien n’a été encore fait. A cette même occasion, le Président a rehaussé la voix de ne plus entendre parler des tueries et détournements d’ici deux mois. Cela nous intéresse beaucoup, et nous en dirons un mot après deux mois.
Chers frère, chère sœur, cher ami du Burundi, parlons un peu de la Démocratie. Souviens-toi qu’au Burundi on parle de la préparation des élections, mais n’oublies pas qu’il y a eu violation flagrante de la loi au vu et au su d l’opinion aussi bien nationale qu’internationale, le cas le plus alarmant étant la radiation illégale de 22 élus du peuple au mépris de la loi et leur remplacement en toute irrégularité. As-tu suivi la radio ? Quand on évoque ce sujet, tu remarqueras que les supporteurs du parti au pouvoir éprouvent de la honte et manquent à dire. Une question s’impose ! Avec le non respect de la loi, où va le Burundi ?
Il faut corriger ces erreurs pour inspirer la confiance et respecter la constitution. En cas d’amendement de certains articles de cette dernière, cela doit être fait en toute régularité et pour l’intérêt de tous les citoyens au lieu d’un seul individu, d’un groupe de personnes ou d’un parti politique. Force est de constater que pour le cas des 22 Députés, la constitution a été gravement violée ce qui a terni l’image du Burundi devant la communauté internationale. Saches que seul le dialogue a sauvé les Burundais. Au cours du dialogue inter- burundais, en guise d’exemple les négociations d’Arusha qui ont abouti à la conclusion des accords d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation, de l’an 2000, il a été dégagé la création d’une Commission Vérité-Réconciliation et l’instauration d’un homme intègre qui se mettrait au- dessus de la mêlée, l’Ombudsman, chargé de l’arbitrage en cas de conflits tout en privilégiant l’intérêt de la Nation. Te rends-tu que rien n’est jusque-là fait ? Comment va-t-on alors entamer les élections ? Qu’est-ce qui manque ? Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi, aides-moi à poser ces questions. Si ces instances ne sont pas nécessaires, il faut informer, et surtout convaincre les citoyens tout en effaçant cette clause de la constitution. Une autre intrigue est que, à force de parler avec les membres du parti au pouvoir, le constat est que certains n’ont pas lu l’article 97 de la constitution qui ne permet pas au Président NKURUNZIZA de se porter candidat aux prochaines élections. Pire encore, certains se sont déjà lancés dans sa campagne. Est-ce possible de se porter candidat si cette disposition n’est pas amendée ? Pouvons-nous nous conformer à la loi de la jungle ? Cela serait pire car la Démocratie exige de la sagesse. C’est pourquoi il faut un dialogue sincère et qui respecte le contenu et l’esprit de l’initiative régionale pour la paix au Burundi pour que ces articles soient amendés pour l’intérêt de tous. Merci.
Hon. KAMPAYANO PASCALINE
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