Lettres de l'Hon P. Kampayano
La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPAYANO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°32)
Le 05 Mai 09

Lettre N°32
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr
Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi,
Te portes-tu bien ? C’est mon souhait. Aujourd’hui, je voudrais revenir sur certaines des idées que je t’avais transmises nonobstant des mécontents en rapport avec la vérité qui se dégage et se fait observer à travers mes écrits.
Frère, sœur, ami du Burundi, tu as sans doute compris que je n’exagère pas quand je te mets au courant des irrégularités autour des négociations entre le Gouvernement et les médecins. Ne t’avais-je pas dit que l’ancien Président Sylvestre NTIBANTUNGANYA ne s’en sortira pas aussi longtemps qu’il ne sera pas soutenu par le Gouvernement ! Lors de la célébration de la journée consacrée à la lutte contre la malaria, à Karusi, Son Excellence le Président de la République a déclaré que les médecins demandent l’irréalisable ; il les a grondés. Quelle est alors la valeur de ces négociations ? La plupart de ces médecins qui avaient des postes de responsabilité ont été démis de leurs fonctions. Je t’écris pour que tu comprennes que ce n’est pas ce NTIBA qui allait être écouté par le Gouvernement, même s’il se démène comme un taureau. N’entends-tu pas que même au sein du parti au pouvoir personne n’élève la voix sur cette question ?
Je ne sais pas quelle en sera l’issue ! Je me demande si le Gouvernement revalorisera le dialogue ou si les médecins se résigneront. Quoi qu’il en soit, frère, sœur, ami du Burundi, implorons les défenseurs des Droits de l’Homme à aider pour que toutes les parties puissent arriver à un compromis. J’avais une solution à proposer mais je ne veux pas te le dire au risque d’être mal comprise par Télesphore BIGIRIMANA. L’aurais-tu vu ces derniers jours ?
Si par hasard il est dans les parages de Bujumbura, transmets-lui ce message : "Le fameux DESTINO, responsable du service des renseignements dans la Province de CIBITOKE a arrêté et amené à Bujumbura, une personne que les policiers qu’il avait mandatés venaient de sortir d’un véhicule qui passait à GIHANGA." Cette personne s’appellerait TUNDA, et l’on ignore si ces policiers avaient averti leurs supérieurs hiérarchiques ; je crois que même Pierre Chanel NTARABAGAMYI, porte parole de la Police Nationale, n’était pas informé du tout. Ce DESTINO a arrêté ce Monsieur TUNDA comme un bandit, chacun se demande pourquoi ne pas l’avoir arrêté à CIBITOKE même pour entamer les interrogatoires. C’est ce même DESTINO qui a été à maintes reprises cité dans le procès de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU.
Dans ce cas, Télesphore BIGIRIMANA a encore du travail de plaider pour ceux qui ne cessent de piétiner la loi en malmenant les personnes innocentes à l’instar des montages de Jean Bosco NGENDAGANYA. TUNDA serait victime de n’avoir pas soutenu RUKARA et celui qui vient d’être porté à la tête de la COMIBU. Si c’est la vérité, cela ternit l’image du Service des Renseignements de notre pays au même enseigne d’une personne qui a été emprisonnée pour avoir été pris en possession d’un journal exhibant une photo où Mohamed RUKARA entrain de danser. Dis encore à Télesphore chargé de la communication au Service National des Renseignements que c’est ce que je lui ai montré en rapport avec l’immixtion dans les affaires des partis politiques. Quiconque a une responsabilité au sein du parti au pouvoir, quand il veut menacer quelqu’un, il ne fait qu’un geste et les agents de ce service viennent les yeux fermés pour l’arrêter. Ils ne requièrent même pas l’aval des autorités administratives et encore moins celui des Officiers du Ministère Public qui n’élèvent plus la voix et s’étonnent comme tout le monde quand la vie de ces personnes est en danger. S’il le dit à ses supérieurs, il aura rendu un bon service à la Nation car tout cela se fait par ignorance.
Frère, sœur, ami du Burundi, si demain quelqu’un vient t’arrêter, demandes-lui d’abord le mandat d’arrêt émanant du parquet, s’il n’en a pas, crie au secours ! Cela aidera pour réduire les risques des kidnappings. Si c’est ton voisin qui est victime, il faut t’enquérir de sa suite, rassures-toi que sa vie n’est pas en danger et si tu doutes, informes les défenseurs des Droits de l’Homme.
Chers frère et sœur, cher ami du Burundi, tu as appris qu’une réunion de l’Union Interparlementaire tenue à ADDIS ABEBA en Ethiopie a montré sa position par rapport aux irrégularités ayant entaché la radiation des 22 Représentants du peuple suivie par l’emprisonnement de certains d’entre eux. Les résolutions issues de cette réunion sont on ne peut plus claires et satisfaisantes. Ne te lasses point de prodiguer des conseils pour leur mise en application car tenir tête devant des situations pareilles n’honore en rien le pays. Merci.
Hon. KAMPAYANO PASCALINE
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