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 Lettres de l'Hon P. Kampayano

La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPAYANO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°29)
 Le 15 Avril 09



Lettre N°29
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr

Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi,

Salut ! Tu vas bien ? Si oui, c’est mon souhait pour tous les burundais.

Frère, sœur et Ami du Burundi, essaies de donner ta contribution en matière sécuritaire, sociale et de détournement des deniers publics pour que le pays ne tombe pas dans un gouffre. Te tu rends compte de l’insécurité qui se généralise dans le pays, de l’état des lieux des hôpitaux et centres de santé où les malades souffrent sans assistance alors qu’il y a des médecins et infirmiers travaillant pour le compte de l’Etat qui a pris l’engagement de soigner gratuitement les enfants de moins de cinq ans, et d’assurer la maternité gratuites aux mères qui accouchent ? Aussi, remarques-tu que les malversations économiques prennent une vitesse inquiétante. Qu’en penses-tu ? Même si la question ne m’est pas posée, laisses-moi te dire en peu de mots et je précise bien en peu de mots que j’ai été sidérée de ce qui se passe dans le pays depuis lors même si je n’aime pas trop en parler.

Ecoutes-moi, bien ! Eu égard aux tueries sélectives, l’Etat devrait appeler à l’ordre le parti au pouvoir dont certains membres, appuyés par la ligue des jeunes, pensent que seul le recours aux armes peut renforcer le parti. Il faut leur faire savoir que le parti se consolide par une politique saine, et leurs membres doivent donc être conséquents avec leurs actes. Souviens-toi que lors de ma démission de ce parti, Jérémie NGENDAKUMANA s’est moqué en disant que si un membre quitte, cent autres rejoignent le parti. L’on se pose la question de savoir alors pourquoi ils ont peur jusqu’à penser au recours des armes. L’Etat devrait procéder au désarmement responsable et impartial des populations civiles, pendant que les agents de sécurités devraient accomplir cette tâche avec dévouement en toute collaboration. Mais d’aucun se demande si cela peut être possible au moment où plus de 4000 policiers fictifs sont enrôlés dans la Police Nationale du Burundi. Ces tueurs, voleurs à mains armées, civils armés, ne feraient-ils pas partie de ce régiment policier fictif nourri, habillé et armé par l’Etat ? Ah, Quel désastre !

Dans le secteur de santé, sais-tu que la grève continue et que le Sénateur Sylvestre NTIBANTUNGANYA est le médiateur entre le gouvernement et ce corps du personnel médical ? Désarrois, si Honorable Sylvestre NTIBANYUNGANYA n’a pas été trompé, il s’est induit en erreur car il sait bien qu’il n’est pas membre du parti au pouvoir et qu’il n’est pas du tout soutenu par les hommes aux affaires. Sa contribution ne peut mener nulle part au moment où le parti CNDD-FDD ne se soucie pas de telles grèves. Tu auras noté que même dans le congrès qui s’est déroulé à Kayanza, personne n’a pu soulever ce problème. Ils ont plutôt pensé que seul Colonel David NIKIZA et ses policiers pouvaient mettre fin à cette grève comme il a tenté à le faire à la RTNB quand les journalistes étaient en grève.
Heureusement qu’il y avait des militaires qui gardaient cette station qui ont dû lui donner une leçon. Rappelles-toi de mes lettres ! Les burundais sont mécontents ! Aujourd’hui c’est la grève dans le secteur de santé, demain dans le secteur de l’éducation, après dans d’autres secteurs. Sans tarder, l’Etat devrait trouver une solution aux barèmes de salaire en général car, pour ce qui est des médiateurs, ce n’est pas seul Honorable Sylvestre NTIBANTUNGANYA qui serait interpellé, chaque secteur nécessiterait son médiateur. Et d’ailleurs, il ne peut pas aboutir sans la volonté du CNDD-FDD. Sais-tu que les détournements atteignent le paroxysme au sein du corps de police ? Quel malheur ! Ce mal ne se limite pas là, même sous les autres cieux ! L’Etat devrait prendre au sérieux ce problème et non pas couvrir l’un ou l’autre car tous les dossiers sont bien connus, certains sont d’ailleurs portés à la connaissance du public par l’Inspection Générale de l’Etat. C’est vraiment étonnant de voir les prisons gonflées par des centaines de citoyens ordinaires emprisonnés pour avoir volé un régime de banane, un panier de patates douces, … alors que les grands détourneurs des fonds publics sont libres.

Chers frère et sœur, cher Ami du Burundi, souviens-toi des attaques des domiciles des parlementaires à la grenade, que trois parmi les 22 Députés radiés illégalement par violation de la constitution de l’Assemblée Nationale sont incarcérés dans la prison de MPIMBA.

Ne t’en moques pas, ces questions ont été débattues à ADDIS ABEBA, en Ethiopie lors de la 122ème Assemblée de l’Union Interparlementaire. C’est vraiment ignominieux de voir cette noble institution revenir sur ces questions au moment où l’Etat et l’Assemblée Nationale font semblant de l’ignorer, et la Communauté Internationale et les Missions Diplomatiques accréditée agissent comme les Médecins devant un malade du sida dans les années où l’on n’avait pas encore trouvé des antirétroviraux.

Cher frère, sœur et Ami du Burundi, les choses vont du mal en pis parce que l’Assemblée Nationale a perdu sa crédibilité et reste muette sur les préoccupations du peuple burundais. Ceci fait honte à tout citoyen épris de patriotisme. Cela devrait faire honte à tout dirigent, surtout Honorable Pie NTAVYOHANYUMA et son parti d’origine. Tous les démocrates burundais et le peuple ayant voté ces Députés radiés le prennent pour le mal de la démocratie.

Hier de mon retour d’ADDIS ABEBA, j’ai transité par l’Aéroport International de Bujumbura. J’avais l’intention d’aller donner conseil à l’Honorable Pie NTAVYOHANYUMA, mais l’avion n’avait qu’une heure de transit, j’ai raté l’occasion de le voir. Cher frère, sœur et Ami du Burundi, transmets-lui mon conseil et dis lui que ce qui s’est passé à l’Assemblée Nationale l’a discrédité. Dis-lui aussi que "L’erreur est humaine mais le pire est de persister dans l’erreur."

Merci, au revoir.

                                          Hon. KAMPAYANO PASCALINE