Lettres de l'Hon P. Kampayano
La lettre de l’Hon. Pascaline KAMPAYANO à ses frères et sœurs burundais. (Lettre N°28)
Le 05 Avril 09

Lettre N°28
E-mail: iketeryanje@yahoo.fr
Cher frère, chère sœur, cher ami du Burundi,
Tu sais bien, je préfère que tu gardes un esprit d’aimer les Burundais. Si tu l’as, c’est très bien, mais si tu ne l’as pas, implorons le Bon Dieu pour que tu changes. Frère, sœur, Ami du Burundi, un petit conseil ! Aimer les Burundais n’est pas de la chanson. Ce n’est pas non plus occuper des postes de responsabilité au pouvoir ou encore moins distribuer des aides .Occuper des postes de responsabilité au pouvoir consiste à éviter l’avidité des richesses, tout comportement de nature à perturber la sécurité dans le pays ainsi que la violation de la loi, le seul pilier de la démocratie. Quant à ceux qui donnent des aides humanitaires, c’est très bien mais la distribution doit être accompagnée par un esprit de charité pour les Burundais à travers des conseils prodigués en rapport avec le respect des Droits de l’Homme, la lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics.
Comme je te l’avais promis, aujourd’hui je vais te parler du procès de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU et consorts actuellement mis en délibéré. Tu sais que le procès avait été mis en délibéré le 10 mars 2009 ; la cour l’a refixé en audience publique le 26 mars 2009 pour que la partie défenderesse puisse épuiser ses conclusions et sa plaidoirie. C’est très étonnant parce que c’est le représentant du Ministère Public qui a pris cette initiative. Dans la même foulée, c’est plus qu’étonnant de lire dans l’acte de remise en audience publique: « il a appelé le procès en affaire civile et commerciale ». Tout le monde a été ébahi. Ce jour a été caractérisé par des grognes suite au refus de faire comparaître les généraux Adolphe NSHIMIRIMANA, patron des Services des Renseignements, Evariste NDAYISHIMIYE, ancien Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité Publique, Alain Guillaume BUNYONI, ancien Directeur Général de la police Nationale, eux qui se sont comportés à l’instar des BAGUMYABANGA du parti CNDD-FDD dans les montages et la violation de la loi. S’ils étaient convoqués, le peuple burundais aurait constaté qu’ils n’ont pas été à mesure d’assumer leur fonction dans les instances du corps de sécurité.
Tout cela est le résultat des malentendus qui ont caractérisé la réunion du 3 Février 2007. Les grognes tenaient lieu aussi au refus de faire comparaître la Radio publique Africaine (RPA) qui a reçu les CD montés tout azimut par le Service National des Renseignements par l’ancien Chef de Cabinet Jean Bosco NGENDANGANYA, actuellement secrétaire d’ambassade en Afrique du Sud. C’est lui-même qui a remis ces CD à la RPA. Ce qui est de plus étonnant, le Président du siège a tranquillisé la partie défenderesse quant à la citation de ces témoins oculaires à n’importe quel moment, même en cassation. Il a promis de se récuser au cas où il aurait pris partie. Tu comprends bien que le Président du siège sait à l’avance que l’affaire arrivera en cassation. Cela explique que la magistrature n’est pas indépendante aussi longtemps que les décisions émanent d’ailleurs.
Cher frère, sœur, cher ami du Burundi, toute l’opinion nationale et internationale a mis son attention sur le procès de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU et consorts. Le constat est que c’est un procès basé sur des montages conçus parce qu’il n’a pas laissé le Président de la République s’immiscer dans la gestion du parti comme bon lui semble. Vous avez remarqué que la plupart des membres du CNDD-FDD n’ont pas participé au congrès de NGOZI. A voir le déroulement du récent congrès tenu à KAYANZA ce 29 mars 2009, tout le monde a vu qu’il n’y a plus de démocratie au sein de ce parti. Ceux qui ont rejeté le congrès de NGOZI ont été considérés comme des criminels, limogés de leurs services et emprisonnés sur base des montages grossiers et sans dossiers judiciaires.
Frère, sœur, Ami du Burundi, C’est compliqué ! N’ayant pas pu trouver des bases légales d’incrimination, ils se sont tournés vers leurs employés des Services des Renseignements dont Jean NKUNDABAGENZI, Pascal NTAKARUTIMANA ainsi que le Chef de zone RUGOMBO, Uziel KUBWIMANA pour confectionner des montages contre les innocents victimes d’opinion. Tout le monde a été ébahi d’entendre l’Officier du Ministère Public Charles NDAGIJIMANA proclamer haut et fort que ce sont ses témoins à charge. Ils n’ont jamais cessé de citer le nom de Evariste KAGABO sur lequel les colonels Bertin GAHUNGU et Jean Bosco NGENDANGANYA ont voulu concevoir un crime visant à incriminer l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU sans fondement. Le conseil que je leur donnerais c’est que, si c’est Son Excellence le Président de la République qui a ordonné l’emprisonnement de l’Honorable El Hadj Hussein RADJABU, ils auraient usé du modèle du Député Gérard NKURUNZIZA au lieu de détourner l’attention de l’opinion nationale et internationale sur l’existence d’un quelconque procès. Tout le monde a déjà vu la réalité, et toi ? Si réellement il n’y avait pas eu de main invisible de Son Excellence Président de la République, la cour devrait le libérer immédiatement et ainsi arrêter ce procès des montages. Ne trouves-tu pas que cette pratique d’impliquer la justice dans des montages politiques mérite d’être bannie !
Frère, sœur, je ne saurais conclure sans te demander de transmettre mes condoléances à la famille de feu Maître Laurent NZEYIMANA. Transmets-les aussi à tous les avocats qui militent pour le respect de la loi. Dis leur que l’Honorable Pascaline KAMPAYANO se joint à eux dans ces moments de dures épreuves. Merci !
Hon. KAMPAYANO PASCALINE
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