|
|
Hassan Ndayishimiye |
Premier joueur burundais de l'Histoire à avoir participé et remporté un match au tournoi Junior de Wimbledon, Hassan Ndayishimiye a encore une fois marqué les esprits en participant au célèbre tournoi Junior de Roland-Garros le week-end dernier. Zoom sur un tennisman pas comme les autres.
Qui a dit que le tennis n'était réservé qu'aux riches ? Né il y a 17 ans à Bujumbura (Burundi), Hassan Ndayishimiye a grandi pendant huit ans dans les quartiers défavorisés de Buyenzi. Tout jeune déjà, il tape ses premières balles, même si son sport de prédilection reste le football. "Mon père s'arrangeait pour que je l'accompagne à l'ESB et cela m'a poussé à l'amour du tennis. Je lui en suis reconnaissant", avoue même le jeune tennisman sur le site d'Iwacu Burundi. Suivant son paternel, qui était lui-même professeur de tennis, Hassan progresse de jour en jour, jusqu'à remporter sa première victoire dans la catégorie des moins de 10 ans, puis de devenir à partir de 2002, le champion national de sa catégorie, et ce, jusqu'en 2004. Année où il s'envolera pour Nairobi, au Kenya.
C'est à Nairobi que Ndayishimiye évoluera au sein du Sadili Oval Tennis Club, en parallèle de sa scolarité. Au dessus du lot, il atterrira peu après au South Africain International Tennis Center en République Centrafricaine, où il se distinguera de nouveau de part sa technique hors du commun. Par la suite, Katherine McIlvaine, sa "deuxième maman", de l'association humanitaire Pact, l'emmène avec elle au Kenya afin de lui garantir une meilleure qualité de vie. Une opportunité qui le conduira à Wimbledon l'an passé, où il se qualifiera même pour le second tour à la surprise générale, et monta ainsi à la 27ème place mondiale (junior).
Le week-end dernier, Hassan (aujourd'hui 58e mondial junior, ndlr) disputait son premier Roland-Garros. Anecdote assez rare pour être soulignée, Hassan dû, (faute de crédit téléphonique) prévenir ses proches via son compte Facebook pour les prévenir de son match à la Porte d'Auteuil contre le Portugais Frederico Ferreira Silva (qu'il perdit 6-2 ; 6-3, ndlr). Mais le jeune burundais ne se plait pas et reste reconnaissant de l'aide que lui apporte l'ITF. "Sans le fonds d'aide de l'ITF, je ne serais pas là. Il me paie mes voyages et tout le reste" déclare Hassan au journal L'Equipe. En attendant de prétendre rivaliser avec les meilleurs de sa catégorie, Hassan Ndayishimiye aura au moins réussi à briser le cliché du tennisman aisé, tout en devenant l'ambassadeur numéro Un du tennis burundais. Affaire à suivre.