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Cndd-Fdd : Le fruit pourri ne pourrit pas l'arbre, il tombe
Par Paul N.  
 Le 22 décembre 10

Président Nkurunziza et son ministre Augustin Nsanze
Pour pourrir, le poisson commence par la tête, dit-on. Donc à l'instar du poisson, l'être humain doit avoir non seulement une belle tête mais également une "grande cervelle". Dans le cas contraire, c'est la déchéance. Voilà, hélas, la situation dans laquelle le Parti Cndd-Fdd tente de plonger toute une nation depuis qu'il est à la tête du pays (2005).

En effet, le peuple burundais dans sa grande majorité avait refusé de voter le parti Cndd-Fdd pour plusieurs raisons notamment son échec cuisant dans la gestion des affaires publiques de 2005 à 2010, de son mandat caractérisé, entre autres, par la corruption à tous les niveaux de l'administration publique et parapublique, le clientélisme, le régionalisme, la violation des droits humains, le viol des enfants et des femmes, des assassinats, des procès extra-judiciaires, etc.

Mais, curieusement, le Cndd-Fdd s'octroya la victoire par une fraude massive malgré les contestations des électeurs, des acteurs et des mandataires politiques. Pourquoi cet acharnement à se maintenir au pouvoir alors qu'il n'en a ni la légitimité ni la compétence ?

Bien mal acquis, ne profite jamais, dit l'adage français. En effet, depuis que le Burundi existe en tant qu'Etat-Nation, son image n'avait jamais été aussi ternie comme c'est le cas aujourd'hui. Point n'est besoin de rappeler que lors des régimes passés, les Chefs d'Etat d'alors gardaient constamment un oil vigilant sur le fonctionnement de leurs ministères à commencer par celui ayant en charge les relations extérieures.

Bien évidement qu'il fallait commencer par ce dernier parce que c'était la vitrine du Burundi et la principale porte d'entrée des financements étrangers. Et conséquemment, ce Ministère était suffisamment outillé pour jouer efficacement son rôle à travers notamment ses cadres expérimentés et intègres à tous points de vue.

Malheureusement, l'image que reflète le Cndd-Fdd depuis 2005 est une honte pour le pays et un cas de désespoir jamais égalé dans les annales de l'histoire du Burundi. C'est une véritable catastrophe qui s'abat sur la population burundaise qui assiste impuissant à la déliquescence du pays.

Par ailleurs, des scandales s'accumulent chez Dr Augustin Nsanze que le Cndd-Fdd appelle abusivement Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale alors qu'en réalité il n'en est pas un.

Comment un intellectuel de son calibre peut accepter d'apposer sa signature sur des accords et conventions négociés par d'autres personnes qui ne relèvent même pas de son Ministère ou vendre du riz et du carburant en violation flagrante des lois et règlements en vigueur sachant pertinemment que le surplus du produit de vente a été empoché par ses supérieurs ?

Comment son Ministère pourra-t-il assurer le suivi des dossiers parfois sensibles ou délicats alors qu'ils ont été négociés à l'insu des fonctionnaires concernés dudit Ministère ?

Quel commentaire peut-il faire du contrat de plus de 600 milliards FBU signé en Mars 2010 par l'ex Ministre du Plan, Mr Tabu Abdallah et Mr BRIAN, vendeur du côté de la société californienne AAI Systems ; sans que le Ministère des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale en soit informé, consulté et associé !

Quelle sera la réaction des Institutions de Bretton Woods face à ce scandale financier ? La réponse est simple : aucun soutien financier au budget ne sera accordé au Burundi avant que toute la lumière ne soit apportée à ce dossier.

Pour sa part, le pouvoir CNDD-FDD devrait acculer toutes les autorités impliquées de près ou de loin dans ce dossier à présenter leur démission afin qu'elles puissent comparaître librement devant les instances judiciaires compétentes.

Bien plus, le pouvoir Cndd-Fdd a décidé, par le truchement du Dr Nsanze, de retirer le soutien du Burundi au Mouvement Polisario sans devoir consulter au préalable les experts en matière des relations Internationales. Il feint d'ignorer l'impact de cette décision face à la contribution qui nous est gracieusement offerte par l'Algérie dans le domaine de l'enseignement supérieur !

Il vient par ailleurs de promettre son soutien à l'Egypte au détriment des pays de l'East African Community (EAC) sur la gestion des eaux du Nil, ignorant sciemment qu'un pays, un peuple choisit un ami mais pas un voisin. Faudrait-il lui rappeler que dans la vie d'un pays, il faut tout faire pour entretenir de bons rapports avec son voisin et non le contraire comme vient de faire le Cndd-Fdd. Ces décisions irréfléchies et actes inamicaux qu'il vient de poser à l'encontre de ces pays lui seront sûrement fatals.

Ce comportement versatile de Pierre Nkurunziza ne doit pas nous surprendre. C'est un personnage dépourvu de tout sentiment humain à l'égard de ses semblables. Tout ce qui compte chez lui, c'est l'argent.

Souvenez-vous comment il a trahi son père spirituel, l'honorable Hussein Radjabu, l'homme qui s'est investi corps et âme pour lui sauver la vie, le propulser à la tête du Cndd-Fdd et ensuite au poste de Président de la République alors qu'il venait à peine d'intégrer le Mouvement Cndd-Fdd.

Souvenez-vous également comment il a trahi ses Ministres et son Chef de Cabinet qui ont agi sur ses instructions pour vendre illégalement l'avion présidentiel FALCON 50 et vider les caisses de l'Etat (Dossier Interpetrol), etc.

A-t-il oublié ou feint-il d'oublier que c'est grâce au soutien moral, matériel et financier de la sous-région que le Cndd-Fdd est au aujourd'hui au pouvoir ? Pourtant, l'honorable Hussein Radjabu le lui avait révélé avant de le hisser à la Présidence du Parti Cndd-Fdd.

Pour sa part, le peuple burundais ne va pas croiser les bras devant une telle déchéance. Une lutte pacifique a été engagée et certainement qu'elle produira des effets positifs sans tarder.

Le président Nkurunziza devra garder à l'esprit que les régimes totalitaires se sont implantés au Burundi et ont fini par être déboulonnés sans coup férir en 1993 et 2005 grâce à la clairvoyance des leaders téméraires dont S.E Mechior Ndadaye et l'honorable Hussein Radjabu.

Par conséquent, un fruit pourri ne pourrit pas l'arbre (qu'est le Burundi). Il tombe.

Bref, le régime Cndd-Fdd est pour le moment aux abois. Sur les plans politique et diplomatique, il est incapable de s'en sortir. Ses jours sont donc comptés comme ceux de son ami Gbagbo.

Par Paul N.