Burundi Transparence, c'est l'actualité en continue.
Accueil                     Précedente                     Suivante                 Archives

 

 

 Actualités

Fonds pour la promotion des journalistes : Attendez 2011 !
(Source: Iwacu Burundi)  
 Le 06 février 10

Le budget de 2010 ne prévoit pas la mise en place du fonds pour la promotion des journalistes. Toutefois, nul n'ignore que le rôle de ces derniers s'avère incontournable surtout en période électorale.

Mauvaise nouvelle pour la plupart des responsables et représentants des associations des professionnels des médias présents à Gitega, le 28 décembre 2009. Alors qu'ils s'attendaient à un cadeau du nouvel an, le coup a été fort. "Dans le budget de 2010, le fonds pour la promotion des journalistes n'a pas été pris en compte", a déclaré Pierre Nkurunziza. Pour certains, pas de surprise dans cette déclaration du numéro un burundais : "Ce n'est pas la première fois que le financement de ce fonds n'est pas analysé dans l'élaboration du budget" Pour d'autres, stupéfaction totale : "Pourquoi notre Président a-t-il agi comme ses prédécesseurs et placé dans les oubliettes ce dossier alors qu'il ne cesse de dire que notre rôle est incontournable dans le bon déroulement des élections ? Il se contredit !"

Oui, Pierre Nkurunziza - comme par ailleurs la communauté tant nationale qu'internationale - ne cesse d'apprécier le travail accompli par les médias lors des dernières élections (En 2005). D'ailleurs, à l'occasion de cette rencontre avec les responsables des médias, M. Nkurunziza les a encore interpelés pour qu'ils couvrent les élections de 201O comme ils l'ont fait en 2OO5. En outre, il promet de financer ce fond en 2011. Cependant, une opinion dit ne pas comprendre ce double langage de nos dirigeants. Les professionnels des médias, quant à eux tranquillisent : "Nous allons trouver des moyens ailleurs. Même dans les moments difficiles, nous avons fait notre travail. Ce n'est pas aujourd'hui qu'on va se lasser."

"Une autre occasion de prouver notre maturité"

Selon Alexandre Niyungeko, président de l'Union Burundaise des Journalistes (UBJ), c'est regrettable que le Chef de l'Etat, qui lui-même apprécie notre travail, ne veut pas nous appuyer. Donc, précise-t-il, on avait pensé qu'en 2010, plus que jamais, les médias allaient être pris en considération surtout pour le financement de ce fonds vieux de plusieurs années. Le dossier concernant le financement de ce fonds a été reporté à chaque élaboration du budget depuis longtemps. Il trouve que c'est un problème. Toutefois, Alexandre Niyungeko estime que cela ne va pas affecter la couverture des élections : "Que cela ne soit pas un prétexte pour ne pas faire correctement notre travail. Tout le monde compte sur nous. Ça sera une autre occasion pour nous de prouver une fois de plus notre maturité, même dans les moments les plus difficiles."

Pour lui, en 2005, malgré le peu de moyens dont disposaient les médias, ils ont pu redorer le blason. Ainsi, M Niyungeko profite de cette occasion pour interpeler tous les journalistes à penser déjà à couvrir cette activité qui est aussi la leur, de manière efficiente même si les moyens ne sont pas suffisants. Cependant, il garde l'espoir : "Les médias pourront trouver des moyens ailleurs, à travers d'autres structures comme par exemple le PACAM (Plan d'Action Commun d'Appui aux Médias). A travers ce plan, les différents partenaires pourront apporter des moyens qui aideront les médias à bien affronter les échéances électorales de 2010".

Même si c'est le Président de la République qui a annoncé cette décision, M. Niyungeko trouve que la responsabilité n'incombe pas à sa personne. Pour lui, c'est une défaillance à l'égard de ceux qui devraient défendre ce projet : "Je ne vois pas pour quel intérêt le Président empêcherait que les journalistes soient promus ? Tout le monde a besoin des journalistes surtout en cette période." Néanmoins, explique M. Niyungeko, est-il que Pierre Nkurunziza ait promis la mise en place de ce fonds en 2011: "Que cela ne soit pas un autre rendez-vous manqué."

"C'est regrettable"

"Pourquoi les médias privés chercheraient-ils à être financés par le gouvernement ?", se demande Alexis Sinduhije, président du Mouvement pour la Solidarité et la Démocratie (MSD). Selon l'ancien journaliste et ex directeur de la Radio Publique Africaine (RPA), les médias doivent rester indépendants. Toutefois, il déplore le fait que les médias publics ne le sont pas alors qu'ils sont financés par les taxes des contribuables. C'est pourquoi, indique M. Sinduhije, ces derniers devraient respecter les citoyens même si ce n'est pas le cas. Le président du MSD dit ne pas comprendre pourquoi ces médias ne se révoltent pas.

Concernant le non financement du fonds pour la promotion des journalistes, Alexis Sinduhije précise que le Président de la République ou le gouvernement n'est pas obligé de financer les médias privés, sauf s'il se sent dans le devoir de promouvoir la presse. Mais s'il décide le contraire, déclare M. Sinduhije, c'est regrettable : "Cela explique qu'il n'est pas démocrate. Mais c'est son choix." Au départ, Alexis Sinduhije précise qu'il avait demandé aux différentes autorités de ce pays qu'il y ait des états généraux de la presse ou une table ronde pour mettre en place ce fonds. "L'idée n'était pas que l'Etat finance mais qu'il se porte garant devant les bailleurs de fonds. C'était une sorte de les encourager", explique l'ancien journaliste. Cependant, il regrette que même le gouvernement de Pierre Nkurunziza n'ait pas accompli cet acte. Sinon, le président du MSD trouve que les médias peuvent se mettre ensemble pour demander des financements auprès des bailleurs.