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La déforestation et l'inertie de l'Etat menacent l'environnement au Burundi
 Le 26 juin 12

Le Burundi est un petit pays de l'Afrique Centrale avec une superficie de 27 834 Km2 dont 2180 km2 sont occupés par des lacs. Il présente un relief accidenté aux pentes fortes.

Avant les années 1978, le taux de couverture forestière s'évaluait à 4% du territoire national et la pénurie de bois de chauffage commençait déjà à se faire sentir.

La question a été prise au sérieux ; ainsi l'Etat burundais entreprit un vaste programme de reboisement pour développer en même temps la couverture forestière et la filière bois. Au cours de la période de 1978-1990, le taux de couverture forestière nationale déjà réalisé s'élevait à 7,5%. Bien que cette réalisation soit importante, elle est restée insuffisante et la crise politico-sociale de 1993 a aggravé la situation en occasionnant une perte des forêts de plus de trente mille hectares.

Actuellement, force est de constater que toutes les plantations héritées de grands projets forestiers et celles qui datent de l'époque coloniale n'ont jamais été bien protégées et gérées de manière durable et rationnelle et sont en perpétuelle dégradation. Les boisements communaux qui datent de l'époque ci haut évoquée sont soumis à des exploitations incontrôlées, conduisant à une dégradation sans précédent. Dans beaucoup de provinces et communes, les autorités provinciales et communales sont les premiers responsables de coupes anarchiques des forêts existantes dans leurs entités administratives pour leur propre compte. Les cas les plus récents qui sont les plus parlants sont MUKINYA de la province NGOZI, VUMBI en province de KIRUNDO et NYABIKERE en province de KARUSI. L'administration centrale sombre dans un silence complice pour prendre des sanctions contre ce fléau et joue les prolongations de nature à protéger les coupables uniquement parce qu'ils appartiennent au parti au pouvoir CNDD-FDD, UPRONA et FRODEBU Nyakuri. Les méthodes d'aménagement et d'exploitation consistent à couper les plus beaux sujets "Action d'écrémage" et très fréquemment à faire des coupes rases qui se pratiquent en fonction des besoins immédiats tout en ignorant les besoins futurs et les fonctions écologiques que jouent les écosystèmes forestiers. Cette surexploitation de ces ressources accélère le rythme de dégradation des sols et la perte de la biodiversité.

Curieusement, depuis longtemps, la participation effective des populations riveraines à la conception et à la réalisation des activités forestières était totalement absente et le reste jusqu'à maintenant. Pire encore, le service forestier, pour tenter de réglementer les coupes, place une multitude de contrôleurs des produits forestiers sur les grands axes routiers entrant en mairie de Bujumbura qui ne font que compter et laisser passer tous les véhicules de transport de ces produits. Ceci n'a aucun effet sur la bonne gestion des boisements. Etant donné que la déforestation et l'inertie de l'Etat menacent l'environnement, le mieux serait d'engager des forestiers dans les communes comme dans le temps, eux qui sont des spécialistes en matière de développement et de gestion forestiers.

Grâce à la disponibilité de beaucoup de fonds dans ce secteur, la tendance du pouvoir en place est de confier la gestion forestière à des associations locales qui se disent défenseurs ou protecteurs de l'environnement mais en réalité ne visent qu' à gagner de l'argent. Les unes réussissent à produire les plants sous l'encadrement des forestiers mais la survie des arbres à long terme n'est pas considérée. A cet effet, il est temps de modifier les politiques ou programmes forestiers afin de les adapter aux conditions réelles du pays car il serait imprudent de continuer à adopter les programmes qui encouragent la formation des associations fictives qui n'ont pas de vision de gestion durable et conservatoire quand on connaît très bien combien les fléaux environnementaux menacent toute l'humanité.

En conséquence, la déforestation amène non seulement la calamité du changement climatique, mais aussi elle est la principale cause de la dégradation des terres. Aujourd'hui, la déforestation et la dégradation des sols constituent une menace de grande envergure pour l'humanité entière en général et pour le Burundi en particulier. Des actions de reboisement plus importantes sont plus qu'urgent de même que l'amélioration de la gestion des boisements existants par des aménagements techniquement viables et durables. De même, tous les intervenants dans le domaine forestier doivent se lever comme un seul homme pour combattre les destructeurs des forêts et boisements. Pour ce faire, un inventaire national forestier est un préalable car il est impossible de bien gérer une ressource que l'on ne connaît pas. Bien plus, le développement du secteur forestier par la population locale ne pourrait se faire sans certains préalables qui permettraient d'éliminer les obstacles notamment leur manque de compétences techniques et organisationnelles. Dans cette optique, la gestion des ressources forestières locales dépendra en premier lieu de la création de réelles collectivités locales formées, capables d'assurer leurs responsabilités.

A bon entendeur, salut !