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Le gouvernement burundais se durcit : Restriction de déplacement pour les membres de la Société Civile
 Le 09 août 09

Lors des différentes rencontres qui ont eu lieu entre le ministre de l’Intérieur et les administratifs ainsi que la société civile, le ministre Edouard Nduwimana a annoncé que certaines associations de la société civile sont des charlatans et que des mesures vont être prises à leur endroit. Il a invité les administratifs à être vigilants car certaines associations auraient un double objectif dans leurs activités.

Désormais, les organisations de la société civile devront passer par le ministère de l’intérieur pour avoir un ordre de mission avant de se rendre à l’étranger et aviser l’administration chaque fois qu’ils voudront se rendre à l’intérieur du pays ou pour tenir des réunions, en bref cela signifie que les membres de la Société Civile doivent rester chez eux ou dans leurs bureaux. Cette exigence est perçue comme une ingérence excessive du pouvoir Nkurunziza dans le fonctionnement de la société civile burundaise. Cette décision a été prise par le ministre dans le souci de contrôler certaines organisations de la société civile qui participent à des fora internationaux et qui, probablement, déplaisent le gouvernement.

Le président du forum pour le renforcement de la société civile (FORSC) Pacifique Nininahazwe se dit surpris d’entendre cette restriction de la part du ministre de l’intérieur Edouard Nduwimana que désormais les organisations de la société civile doivent impérativement avoir sa permission avant de se rendre à l’étranger ou faire leurs activités à l’intérieur du pays. Selon le président du FORSC, le Burundi risque de faire marche arrière et retourner vers les temps anciens de la dictature du parti unique. On conçoit mal comment une organisation de la Société Civile pourrait demander un ordre de mission alors que le rapport de mission n’est pas destiné aux responsables administratifs surtout que la majeure partie de ces organisation de la Société Civile ne bénéficient pas des subsides du gouvernement.

D’après Onesphore Nduwayo, président de l’OAG (Observatoire de l’Action Gouvernementale), les objectifs des partis politiques et des associations sont bien définis. Si les associations veulent travailler comme des partis politiques, précise le président de l’OAG, le ministère de l’Intérieur a le droit de les ramener dans la bonne voie. Toutefois, concernant leur sortie, Onesphore Nduwayo trouve que cette mesure est déplacée : elle devrait être appliquée sur des personnes sous contrainte judiciaire.

Le ministre Nduwimana accuse certaines organisations de la société civile de travailler comme de vrais acteurs politiques engagés sur le terrain politique alors que la loi ne le leur permet pas. Pour cette raison, il a été créé une cellule de coordination des activités des organisations de la Société Civile et des d’autres organisations internationales opérant au Burundi, une façon de surveiller ce que font des organisations de la Société Civile burundaise avec leurs partenaires étrangers.